Samedi 16 mai 2009

 

Je lisais, ces temps-ci, le grand raffut médiatique qu’occasionnait un ex humoriste, qui ne me fait plus rire, qui jadis officiait en binôme et qu’aujourd’hui ambitionnerait une carrière politique notamment sur les bancs du Parlement Européen.

Ce candidat expliquait dans la presse à qui bien voulait l’entendre,  les arcanes de son programme «anti-communautariste et anti-sioniste».

De sa volonté de se prévaloir,  par une  «guerre culturelle» (sic), son sentiment de mise à l’index des grandes formations politiques républicaines qui, d’après son sentiment, l’empêcheraient de travailler dans son domaine d’expertise : le comique…

Aujourd’hui, les forces de police, l’empêchant de déposer sa liste participent étrangement à lui attirer un fort joli coup de publicité.  
Comme le temps passe …
Et comme les clivages attisant la haine de l’autre restent.
Ce qui m’interpellait dans ce « papier » lu dans le Monde, était cette obscure notion de « guerre culturelle ».
La culture comme arme de destruction massive ?
Voilà qui faisait de moi un marchand d’armes alors …

Mince ! Je parviendrai vraiment jamais à vraiment bien me connaître.
Si divers, si complexe, si compliqué, si différent que je suis à l’instar de la foultitude  des cultures qui s’épanouissent dans notre  planète…

Dans une autre vie, celle qui me voyait jadis lycéen au siècle dernier, je me souviens d’une dissertation de philosophie dont la problématique posée était, à quelque chose près, la suivante :

 « La diversité  des cultures est-elle un obstacle à la vie harmonieuse entre les peuples ? »

Je me suis rappelé, mais d’une manière lacunaire,  de ma composition d’alors où néanmoins je m’efforçais de déployer alors un raisonnement visant à démontrer  à quel point une culture est un procédé de l’arrachement de l’homme à la nature et que dans cet effort l’homme, tout homme,  restait unique car il était le seul être vivant à pouvoir se cultiver.

La diversité des cultures  ou plutôt des « civilisations »  devrait prouver une seule chose : qu'une culture est arbitraire.

Les sociétés humaines choisissent leurs propres coutumes  selon leur caractère, le milieu naturel ; ainsi, les sociétés peuvent être monothéistes ou polythéistes, commerçantes ou belliqueuses, nomades ou sédentaires, avoir tels ou tels rites alimentaires, etc.

Il est cependant certain que ces caractéristiques ne dérivent pas entièrement de la nature.

Les cultures ne sont que des modes de vie ; elles n'engagent pas la nature fondamentale de l'homme, qui est précisément l'aptitude à s'extraire de la simple nature.

Contrairement à ce que véhiculent les pensées nauséabondes de l’intolérance et de l’excrétion de l’autre, la pluralité des cultures suppose l'unité du genre humain de même que la pluralité des langues suppose le langage. La faculté unique qui caractérise l'homme.

J’explicais alors, comme je le réitère aujourd’hui, que la diversité des cultures permet l'échange entre les cultures, tant il est vrai que tout dialogue suppose un autre différent de soi.
Kant, dans son "projet de paix perpétuelle", affirmait qu'en s'enrichissant de la culture d'autrui, on s'enrichit de sa propre culture.

Pour Herder encore, chaque culture n'a pu exister  et s'affirmer que de par son contact avec les autres.

Ainsi les Grecs n'ont pu se forger leur culture qu'au contact avec celle des Égyptiens. De même, la reprise de certains dieux grecs dans la culture romaine prouve que l'échange est possible et qu'il ne nie pas pour autant l'originalité des deux "échangeant".

L'échange des cultures permet donc, à chacun de s'enrichir et d'évoluer.

Sans ça, chaque culture resterait enfermée sur elle-même et figée.  

La diversité renforce le sentiment d'humanité.
En reconnaissant qu'il existe d'autres manières de voir le monde, cela revient à reconnaître sa propre subjectivité, dont la relativité d’un seul point de vue.

La diversité, dans le respect, nous apprend ainsi l'humilité et nous amène à réfléchir sur notre volonté de toute-puissance.

Apprendre à accueillir la diversité, c'est repousser les comportements racistes et nationalistes et promouvoir des valeurs de fraternité, ce qui enrichissent  l'humanité.

Pour Levinas, chaque homme reçoit son humanité de sa rencontre avec autrui. Bref, de celui qui nous est …  étranger.

Dans mes rédactions d’alors, comme dans mes pensées d’aujourd’hui, pour moi c’est clair. Je ne voterai pas, lors du scrutin du 7 juin prochain pour les élections européennes, pour cette liste menée par cet acteur, n’est ce pas : incontestablement très ... comique...

Par Désherbant
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Lundi 27 avril 2009

Scènes de la vie courante dans une grande brasserie parisienne du coté de la Bastille. Les vacances de printemps venaient à peine de se terminer que, profitant des retrouvailles après ce court break printanier, les conversations fusaient avec une inspiration époustouflante.
Pour la plupart, mes meilleurs amis, étaient tous là.
Des amis qui viennent  à peine de rentrer dans la capitale et les voilà que déjà ils échafaudaient des projets pour les prochains congés d'été.
L'occasion pour moi de mieux appréhender quelle sera la tendance de l’été 2009 pour les grandes vacances.
Les prédispositions des uns et des autres semblent porter cette année sur la nature et les ballades … 
A chaque bout de la table, je pouvais entendre les enthousiasmantes cohésions émises autour les avantages qu’une balade dans la nature en été provoquait dans les esprits de mes " meilleurs ami(e)s" …
Pauvres pommes que vous êtes, pensais-je, vous qui vantez les mérites de ces aberrantes pratiques estivales.
Désireux de fuir la ville, vous voilà  à vous retrouver, chaque été et par millions, à arpenter les sentiers de France et du monde.
Un afflux dément qui se précipite sur ces chemins improbables parcourus par des baladeurs du dimanche.
A première vue, rien de plus banal qu’une simple promenade à la campagne en été.
Sauf si l’incendie menace et que les insectes se déchainent.
Chaque année on compte en moyenne près de 2000 départ de feu rien que dans le seul sud-est de la France.
Des incendies pour la plupart provoqués par ces irresponsables randonneurs « amoureux de la nature ».
Quant aux insectes, eux aussi profilent des beaux jours pour sortir : abeilles, guêpes, tiques et autres immondes bestioles sont à l’origine de piqûres souvent aussi dangereuses que douloureuses car les risques d’allergies sont toujours possibles.
Enfin, les vipères, seuls serpents venimeux vivant sous nos climats et qui occasionnent des morsures qui doivent toujours être prises au sérieux. Rarement mortelles, mais quand-même parfois, elles exigent cependant une prise en charge rapide par les secours.
L’ennui c’est que les secours, loin de la ville, ne sont guère pléthores.
Et qu’en penser de l’hydrocution et des noyades abondamment disponibles dans le rayon des accidents  "graves"  pour les adeptes occasionnels du cannyonning, rafting et autres descentes en « eaux vives » ?
Où était-elle donc la fameuse : "prudence attitude" ?
Elle semblait bien absente dans les conversations émises dans ce cossu et néanmoins sûr cadre parisien.
Tout semblait si facile, si cool, si merveilleux.
Hélas ! Ces grands amateurs du monde naturel, semblaient faire fi de tout bon sens. Il y avait de quoi s'angoisser pour eux.
Nul ne s’évertuait à parler de prévention ou des règles élémentaires de sécurité. Le bon sens quoi.
Qui parmi ces étonnants amis de l’écologie et de vacances labélisées « Bio » s’inquiétait de proclamer qu’on ne fume pas dans la nature et encore moins on ne jette jamais son mégot par la fenêtre de la voiture?
Qu'on ne fait pas non plus de feu de camp et, surtout, qu'on ramasse tous ses détritus après un pique-nique ou un bivouaque sauvage ? 
Qui encore s’inquiétait, pour ses enfants ou se proches plus fragiles, afin d’éviter les piqûres d’insectes?  
Par exemple avoir le bon reflexe de boire son soda avec une paille plutôt qu’à la bouteille ou directement à la cannette, de refermer les pots d’aliments sucrés et de ne pas faire des gestes brusques en présence d’abeilles ou de guêpes.
Qui donc, parmi ces urbains endurcis  était en mesure d'avouer son  incompétence en matière de nature?
Qui encore était en mesure de reconnaitre, parmi les inoffensifs reptiles de nos campagnes, la bien plus dangereuse vipère ?
Et bien je vais vous le dire moi, qui ne quitte jamais le confortable et bénin périmètre de la ville : par sa tête plate, triangulaire et à ses deux crochets. Une sale bête qui te pique toujours au niveau des pieds lorsqu’on s’aventure en tongs - ou nus pieds ! - sur des chemins rocailleux et escarpés. Ou alors qui te mords au niveau des mains lorsque, stupidement, tu te  mets à soulever des pierres ou que tu les mets dans des troncs d’arbres.
Et que dire des « coups des soleils » ?
De l’abominable cancer, le spectre de la mort,  qui plane toujours au dessus de nos têtes et de nos peaux lorsqu’on oublie la prudence dans nos expositions solaires insensées aux pis moments de la journée sans les protections indispensables de crèmes solaires.
Je pensais aussi tout au long de cet inquiétant dîner en ville, à qui vraiment, parmi ces convives amis,  pouvait bien être à jour de sa vaccination antitétanique, ou encore lesquels parmi eux, pouvait vraiment penser, se trouvant sur les chemins de randonnée, d’emporter suffisamment d’eau dans leurs équipages de randonneur, flambants neufs  de  frimeur de la ville.
Qui méditait aussi vraiment qu’avant de se lancer dans toute virée d’explorateur de ce vaste monde, il fallait penser, au préalable, d’informer ses proches de son itinéraire en cas de balade dans une région où, par exemple,  les téléphones mobiles ne fonctionnent pas?
Ou alors qui pensait de se renseigner sur les conditions météorologiques lorsqu'on s’aventure dans des zones naturelles, comme la montagne, et où les climats sont dangereux car imprévisibles?
Et que faire lorsqu’on se retrouve coincés en plein orage dans la nature?Mais se protéger sous un arbre, of course ! Pfff ...
Qui réflechissait aussi à bien se renseigner sur les conditions d’accès aux réserves naturelles et autres parcs nationaux ? 
Les chiens et la cueillette de certains végétaux peuvent être proscrits.
Certains massifs peuvent également être interdits durant les périodes à risques. 
Pourtant personne, parmi les commensaux de ce restaurant à la mode, n’envisageait de se renseigner, par exemple, auprès des préfectures locales, ce qui aurait été, peut-être,  plus raisonnable.
Absence totale de la moindre préparation, méthodologie défaillante et, surtout, nulle expertise en la matière.
Pour rien au monde je ne ferai partie de leurs contestables évasions.
Pour rien au monde je ne partagerai leurs aventures dans le monde naturel et hostile.
Trop peur d’y laisser, ma peau.
En revanche, aux environs de fin septembre prochain, je me mettrai à guetter leur retour en direction des portes de Paris, afin d’énumérer les rescapés de toutes ces mortelles randonnées estivales.
A coup sûr, bon nombre d’entre eux manquera et avec regret, à l’appel.
La nature, on le sait : est cruelle ...

Par Désherbant
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Lundi 20 avril 2009

Il fallait bien que cela arrive un jour ou l’autre, n’est ce pas ?

Et voici que notre opérateur commun : Over-Blog, après nous l’avoir joué : « franc camarade » et « démocratie participative » à grand renfort de chartes éthiques à tout va, nous assomme à grands coups – imposés – de Facebook.

Delenda Carthago !
Comme disaient jadis, mes ancêtres les … romains !

Vint donc le 16 avril courant où, une (ou plusieurs) main(s) maladroite(s) de quelque « modo » improbable, souhaitant faire progresser l’environnement OB (et accessoirement ses recettes financières), eut la bien lumineuse idée de toucher aux css de l’ensemble de la communauté.
Résultat : pendant au moins 48 heures, ce fut la pagaille dans l’ensemble de la communauté.

Une pagaille désastreuse qui, encore aujourd’hui, quatre jours après, semble loin de s’apaiser.

Des blogs déstructurés, des contenus supprimés, des images perdues, des modifications graphiques effarantes, bref, des chamboulements en tout genre qui firent paniquer tout chacun.

Mon propre blog que voici, se retrouve aujourd’hui consignataire d’un arrière fond au « papier peint »  déprimant et d’une bannière, dans la page d’accueil, réduite à sa plus simple expression.

Tu parles d’un progrès.

Un peut partout j'ai vu l'apparition de contenus graphiques d’une indigence inouïe et qui, malgré mes signalements répétés, nul technicien – hautement spécialisé – d’OB, ne paraît en mesure de réparer aujourd'hui.

Il en va d’OB comme dans toute autre chose de ce bas monde : il est plus aisé de détruire que de réparer.

A titre personnel j’avais même un court moment pensé que mon modeste "média" avait été agressé par un virus fort  nocif et  bien intentionné à exiger la peau de votre inoffensif serviteur : Désherbant.

Imaginant une authentique internationale « verte » ayant  lancé un contrat sur la tête du tondeur, j’ai laissé pendant quelque temps déambuler ma pensée autour les affres d’un complot … inexistant.

Quelle franche déception en apprenant la bien plus affligeante réalité.

Fi d’attentats ordis par d’obscures organisations rurales aux puissants leviers internationaux digne d'une organisation mafieuse criminelle.

Juste de la pitoyable maladresse d’un médiocre et imbécile "modo", obéissant servilement à une inique consigne venant d’en « haut »,  et ayant  décrété de mettre fin au libre arbitre de bon nombre d’entre nous désireux de ne pas voir les fenêtres (toute fenêtre) publicitaire apparaître, de manière directe ou , dans nos contenus et dans nos pages.

Car désormais, vous l’aurez tous constaté : le tout petit pictogramme spécifique au « réseau social », pour ne pas dire « mafieux », de Facebook, vous est gratuitement offert et imposé par notre illustre éditeur-opérateur-hébergeur : Over-Blog
Et moi qui n'en veut pas de cette "merdasse" dans mes pages, que dois-je faire pour que l'on me l'inflige pas ?

Piétinant toute éthique, toute déontologie, toute morale, tout engagement initial, Over-Blog vient de forcer la main à l’ensemble de sa collectivité et la transforme, de facto, en ambassadrice du réseau social Facebook.

Souriez donc, mes illustres amis Obiens : vous êtres coincés !

Je me suis toujours efforcé d’être un véritable et aguerri défenseur du célèbre concept « No Logo ! » et voici qu’aussitôt j’en au un, et parmi les plus détestables, fort bien imprimé profondément dans le front et que l'on voudrait que je promène, bien malgré moi, de partout !

Homme sandwich, "à l'insu de mon plein gré",  j’ambitionne aujourd'hui  de quitter, non sans quelque regret,  Over-Blog.

Mêmes mes propres parents n’arrivèrent point jadis, dans leurs louables éfforts éducatifs, à m’imposer des postures qui me semblaient contraires à ma vision du monde, à mon éthique, à mes valeurs … bref : à ma conception authentique de la liberté et du  libre arbitre.
Ce ne sera pas donc cette firme qui héberge « gratuitement » mes simples et humoristiques contenus électroniques de mon blog qui réussira à me faire renoncer à la vision que j’ai du monde et de ma profonde aversion pour toute hégémonie autoritaire synonyme de tyrannie, autocratie et autre dictature de tout acabit.

En en mot de conclusion, cher Over-Blog et  avec tout le respect que je te dois : tu sais où tu peux te le foutre ton Facebook ?

Delenda Carthago !

Par Désherbant
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Mercredi 8 avril 2009

Cela faisait  une bonne semaine déjà  que me trouvais piégé à la campagne, pris en otage que j’étais  par un couple d’amis Parisiens bourrés de bonnes intentions et tellement bienveillants à mon égard.
Ces, bons, (sic !) amis  avaient décidé de tout mettre en œuvre afin de parvenir à me faire aimer les espaces ruraux….

Rien que ça !
Prisonnier ainsi dans ce douteux bocage, j’étais entouré par une végétation bourdonnante et du pollen à foison.
Impossible de m’en échapper.

Le village le plus proche se situait à des kilomètres à la ronde.

Cerise sur le gâteux  de mon mal-être, je constatais jour après jour que, dans cette garenne insensée, ma  libido venait brutalement de chuter comme le Cac 40 en ces temps de crise aigüe et  planétaire.
Pourquoi, me direz-vous ?

Et bien, songez-y : un maudit lit qui grince violement finit pour avoir raison de mes ardeurs sentimentales et autres nuits apaisées.

En prime, cette ferraille rouillée m’affligeait  d’un furieux mal de crâne. Cette céphalée aigüe  jaillissait  à chaque mouvement intempestif de ma tête.

J’avais beau avaler une dose quasi létale d’aspirine, que ingurgitais chaque jour, rien n’y faisait.

La nature avait beau se réveiller un peu de partout autour de moi, la mienne restait désespérément en berne au contact permanent que j'étais avec ces si bucoliques, et néanmoins déprimants, paysages.
Le froid, l’humidité et les épouvantables (faux) silences de ce monde rural, s’efforçaient de  parachever l’ouvrage de démantèlement de ma soif de sensualité.

Il fallait reprendre le … dessus, au sens propre comme au figuré.

Dans le varié et bruyant groupe d’amis qui formait cette inouïe équipée "verte" dans la maison rurale à colombages dans laquelle nous étions logés et qui n’avait rien à envier à une glacière, il y avait Isabelle.

Je l’avais croisée une ou deux fois, tout au plus, lors de dîners en ville  chez des amis communs, sans pour autant  avoir prêté davantage d’attention à sa personne.

J’avais bien eu tort, car je découvrais qu’Isabelle était  d’une beauté éclatante. Déraisonnable, même.

Cette campagne m’offrait au moins l’occasion de découvrir son éclat ravageur doublé d’un esprit rempli d’humour et qui me faisait, par moments, pouffer aux éclats.

Je pouvais aujourd’hui finalement contempler à profusion,  l’extrême pâleur diaphane de son visage qui juxtaposait avec tant de finesse et tant de grâce l’agréable  incarnat de ses joues.

Le vert-de-bleu des ses yeux envoutants qui transfiguraient l’ovale exemplaire de son visage et qui était  rythmé  par les mouvements espiègles d’une bouche riante et aux lèvres d’un carmin naturel invraisemblable.

Il fallait reprendre les choses en main avant que cette sinistre campagne ne finisse par assassiner mon désir.

Profitant d’une sortie collective du groupe dans la forêt, et que j’ai bien entendu décliné en arguant une improbable allergie aux plantes, j’ai pu  subrepticement et avec circonspection proposer à Isabelle une petite balade dans la prairie environnante en  lui prétextant une irrépressible envie de ... cueillir des fleurs...
Tiens ! Et alors ? Pourquoi pas, hein ?

Nous nous enfonçâmes peu à peu dans les herbes hautes et, ayant repéré à proximité une clairière, (qui de plus était  bien éloignée de toute population avoisinante et entourée d’arbres qui nous cachaient à la vue), j’entrepris aussitôt un bien rodé jeu de séduction qui finit par se révéler payant, car nous nous retrouvâmes allongés sur cette vaste étendue verte.

Hélas, dans mes élans fougueux, j’avais un peu vite oublié que  nous nous trouvâmes à la campagne…

C’est que ça pique l’herbe sauvage …

Isabelle ne semblait pourtant y prendre cure, hélas.

Le bocage normand étant plat, ses cris d’excitation, à ma plus grande gêne,  devaient porter très, très loin … Ses clameurs pouvaient ameuter, en autre,  la plupart de ces lubriques « satyres » qui rôdent, en nombre, dans toute bonne forêt qui se respecte.

Fallait vraiment rester bien concentrés pour ne pas se faire émousser l’envie, déjà mise à mal par ce sinistre et hostile décor végétal.

Je m’efforçais de  faire contre mauvaise fortune, bon cœur, en me disant notamment, que ses râles perçants avaient au moins le mérite d’éloigner les serpents qui pouvaient éventuellement  roder autour de nous.

Eh oui, car faire l’amour à la campagne  n’est pas sans danger !

Une chose est sûre, il ne faut pas avoir peur des insectes.

C’est ainsi que j’ai passé la nuit suivante à me gratter les fesses, sur ce maudit lit rouillé brinquebalant, jusqu’au sang.  

Maudite campagne. Imbéciles citadins que nous sommes car, au fait,  mais pourquoi donc on ne songe jamais de se rendre dans ces hostiles contrées avec des tenues de plus simple utilisation ?

Et pourquoi les filles de la ville ne s’habillent jamais à la campagne comme en milieu urbain ? C’est tellement plus pratique une robe ou une jupe …

Pour quelle raison, alors que les sols agraires sont si inconfortables lorsqu’on s’y retrouve à l’horizontale, nus comme des lombrics, personne ne pense jamais de « proposer » un pique … nique ?
Une bien astucieuse manière pour apporter une nappe, voir plus épais : une couette, laquelle pourrait modifier, en plus moelleux, ces âpres ébats champêtres ….

J’avais beau me retrouver enlacé dans les bras de cette fille si extraordinaire  et à la beauté si renversante, de m’efforcer de trouver cela très « romantique »,  m’ébattre pitoyablement en me heurtant contre une caillasse acérée, et à des  brandilles piquantes, n'avait vraiment rien de "extremely  smart".
Rien n’y faisait !

Loin de la ville, loin de mon macadam favori, toute éventuelle carte du « tendre », me paraissait aussi indigeste que coriace.

Nous abrégeâmes ainsi ce supplice, d’autant plus que la si romantique clairière, s’était en effet révélé être un véridique  champ … d’orties …

Fallait encore pouvoir les distinguer ces maudites orties, moi qui avait confondus ces plants ... à de la menthe sauvage .... !
Je ne m’y ferais jamais.
J’abhorre la campagne.  

Par Désherbant
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Jeudi 26 mars 2009

... Ma foi !
Vu sous cet angle, la forêt me paraît, pour une fois,  plutôt sympathique.
Voir ... excitante ...
On pourrait - presque - songer de ... l'aimer cette coquine de forêt !
Allez, soyons pas
revêches : un peu de « tendresse », que diantre, dans ce monde rugueux !

 



Par Désherbant
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Jeudi 19 mars 2009

Ce qu’il y a de plus lassant dans les déplacements professionnels en train, c’est que l’on est obligé de ... traverser la campagne.
Entre deux dossiers, bien calé dans mon fauteuil de 1ère classe, je réfléchissais à la célèbre phrase de Jean-Michel Ribes : « Je n’aime pas la campagne sauf dans le TGV, car elle défile plus vite » …

Et puis une jeune femme, la belle trentaine, à l’allure jolie et fort gracieuse, vint s’assoir en face de moi.

Elle tirait une petite valise à roulette et état harnachée d’une volumineuse sacoche qu’elle portait en bandoulière sur ses frêles épaules. Elle accepta ma proposition  de l’aider à placer sa valise dans le compartiment à bagages placé au dessus de nos têtes.

Ensuite, assis l’un devant l’autre, je pris l’initiative, à la minute même où le train entreprenait à quitter la gare,  de me présenter.

Elle se présenta à son tour. Cette jeune femme était médecin gériatre. Elle se rendait dans la même ville de ma propre destination afin de participer à un colloque de médecins sur les nouveaux dispositifs législatifs et thérapeutiques mis en œuvre aujourd’hui  en matière de soins palliatifs pour les personnes âgées en fin de vie en milieu rural.

Jamais, jusqu’à présent, je m’étais posé la question relative à la mort à la campagne.

Eloignés de tout, de toute institution sanitaire, de tout dispensaire, de tout cabinet médical, de tout hôpital, de toute maison de retraite, bref de tout dispositif sanitaire utile, des gens, pour la plupart âgés,  mourraient à la campagne.

Dans ce compartiment feutré de 1er classe, que cela me parut  étrange de prendre ainsi conscience de cette saugrenue réalité  qui présentait,  encore de nos jours,  à l’orée de ce nouveau millénaire, des déserts sanitaires abritant des patients, des malades âgés et en fin de vie.
Quels soins, quelle prévention, quel accompagnement pour ces vieux  ruraux au soir de leur vie ?

Tel vraisemblablement  était le contenu de l’intervention de ma jolie voisine de siège et qu’elle était sur le point  de divulguer dans son colloque.

Qu’elles étaient donc les solutions des  spécialistes de la santé en matière de bien vieillir et, surtout, du bien mourir ?

Ma belle gériatre avait la beauté froide et le sourire carnassier de la mort.

Elle devait en avoir vus des décès dans sa proximité  avec ses très âgés patients.

Fermés des paupières, ouïs d'ultimes soupirs. Peut-être prodigué même, charitablement, des « cocktails morphiniques » par voie centrale, facilitant avec compassion certains départs à la vie et abrégeant de la sorte les souffrances de ces  vieilles personnes dont la douleur incommensurable déformait les visages pourtant déjà ravagés par une trop longue et dure vie de labeur et de sacrifices.

Ses récits terrifiants, comme son affolante beauté m’ont obnubilé durant tout le temps de mon séjour professionnel dans cette même ville provinciale où séjournait aussi, le temps d’un week end,  cette jolie femme médecin.

Cela me hante encore aujourd’hui car, en effet, que cela signifie, au juste,  mourir à la campagne ?

Jamais autant qu’aujourd’hui, avec l’augmentation de l’espérance de vie des personnes, se pose le lancinant problème de la prise en charge des personnes âgées et en fin de vie, notamment en milieu rural.

Quelle est la spécificité de la mort en milieu  campagnard ?

Quelles sont  les représentations et les pratiques relatives à la mort ?
Des vestiges archaïques et d’anciennes pratiques traditionnelles de l’homme face à la mort, perdurent-elles  encore de nos jours auprès de nos aînés ?

S’agit-il de ces mêmes pratiques  qui caractérisaient le  quotidien de ces ruraux depuis le paléolithique ?

Pratique-t-on encore, à l’orée de nos villes, des coutumes et des rites ancestraux qui n’ont plus rien à voir avec les décès  et les « deuils » qui se pratiquent  en ville ?
Au-delà de l’imagerie que la culture citadine projette encore sur la campagne, peut-on vraiment affirmer que le monde rural a changé en ces cinquante ou quarante dernières années ?

Les  bouleversements essentiels de nos territoires et auxquels nous avons pu assister depuis, ont-ils vraiment conduit, même  partiellement, à l’abandon des nos anciennes pratiques primitives de deuil qui désormais ne font plus sens pour les citadins que nous sommes ?

Et que cherchent-ils  enfin, ces  de plus en plus nombreux  néo-ruraux, qui décident d’habiter à la campagne et qui sont, souvent, désormais  majoritaires aujourd’hui dans les villages ?

Veulent-ils  vivre à la campagne ou alors souhaitent-ils résider dans nos rurales contrées juste pour y mourir ? Comme les éléphants. Loin des endroits où vivent leurs congénères…

Le monde du vivant désormais n’appartient plus à la culture paysanne. Seule la mort y subsiste. Les modes de vie, les référents et les valeurs citadines ont pénétré, de nos jours,  massivement  la campagne.

Ces néo-ruraux tentent-ils, dans leur choix de « vivre » au contact de la terre de nos ainés,  à relayer le déni de la mort si dissemblable aux aspects contemporains de notre temps et qui exaltent la vie sous toutes les formes ?

Ou tout  juste veulent-ils renouer avec notre égarée prédisposition de  savoir mourir ?

Mourir à la campagne : un vertige de la pensée.

Par Désherbant
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Mardi 10 mars 2009

Bon, j’avoue : ça n’a rien à voir avec la « choucroute », mais bon, pour une fois : va pour la méthode douce… Humm.

Les toutes récentes cérémonies des Oscars, des Césars, des globes d’or, des Victoires de la Musiques et autres daubes de cet acabit, m’ont autorisé une brève  méditation portant sur la notion de la … reconnaissance.
Ah, ce sain regard positif sur la vie dont je/nous savons si peu poser, cette main tendue vers l’autre qui diffère si bien des claques qu’habituellement et avec tant de dextérité, nous prodiguons, (en abondance ?) à qui mieux-mieux....

Depuis les ataviques et traumatisantes injonctions maternelles de type  : « Dis merci à la dame ! », je mes croyais vacciné à tout jamais envers la gratitude.
Certes, j’arrive encore à bougonner, en guise de merci,  lorsque quelqu’un me tiens une porte, ou lors d’une salière tendue, mais bon, vous aurez bien compris que c’est de toute autre  espèce de gratitude dont mon âme aujourd’hui,  fait l’objet d’une bien profonde infirmité.

Dire merci : c'est très peu pour moi.
Or selon les neurosciences, pratiquer la gratitude au quotidien serait un gage de bonne santé physique et relationnelle. Donner de soi après avoir reçu, nous aiderait, semble-t-il,  à résister au stress, mais aussi à prendre conscience que nous avons besoin des autres pour exister …

Et pourtant, comment expliquer alors cet insolent  affichage  d'une excellente santé physique et mentale qui, malgré ma revêche inclinaison pour savoir "être gré à autrui" bénéficie d’un assez satisfaisant relationnel au monde extérieur.

Alors quid de ces  savants traités à la noix ?

Cependant,  comment m'arrive-t-il, au juste, de remercier parfois ?

Jamais je m'étais auparavant posé ce genre de question.
J’ai ainsi décidé de faire, pour "my self",   l’objet d’une brève étude durant toute une nénmoins longue et interminable journée.
Objectif de ce challenge: recenser et gratifier de toute ma (sincère ?)reconnaissance, toutes les personnes qui le mériteraient …
Ré-hummm ...

Mais au juste, ces personnes devront-elles être des connus ou des inconnus ?

En effet, jusqu’à ce jour j’étais fermement convaincu que remercier tue la relation, ça la rend beaucoup trop formelle, car la politesse et ses usages courants auraient assassiné le vrai sens du fameux « merci ».

Résultats : ceux qui mériteraient d’être vraiment remerciés n’y ont jamais le droit.
Et alors ?

Il me vient à l’esprit, comme une fulgurance, en me remémorant ces moments de solitude et de silence vindicatifs lorsque il m’arrivait d’ouvrir, à l'occasion d’un anniversaire ou d’un malencontreux Noël, un inopportun et décevant cadeau.

Combien des fois avez-vous rajouté du déshonneur et de l’ignominie à cet étrange sentiment de frustration lorsqu'il vous arrivait de  proférer vos « enthousiastes » remerciements, à tous ces amoraux individus vous ayant gratifié de  si indigents présents. 
Ca fait  belle lurette que je n’articule plus le moindre mot de remerciement devant  cette indigne racaille.

Mais revenons aux cérémonies "professionnelles de la profession" et dispensatrices de prix en pagaille. Qui n’a pas un jour rêvé de monter sur une scène pour revoir le (juste ?) prix ? On aurait avec profusion alors remercié, une heure durant - pour le plus grand emmerdement de tout chacun - tout ce beau monde improbable :  de mes parents « papa/maman »,  aux éternels techniciens en coulisse, sans qui rien n’aurait pu se faire…

Au bureau pourtant lorsque je dis merci, personne ne m’ovationne début.

Pis encore, lorsque il m'arrive, rarement, de dire merci, on me répond quoi au juste en, général ?
« De rien » !
A merci automatique, réponse automatique.
Bref : aucun intérêt.

Et si je commençais, par exemple,  par dire merci aux vieux copains de fac ?

Après plus de 15 ans de silence, ils/elles répondraient  quoi, au juste, ce braves gens ?

J’appellerais (pas tous) pour les remercier de ce temps fou que certains d'entre eux, ont passé pour m’aider à préparer mes partiels.

Je les vois pourtant déjà, pour la plupart, répondre, en pleine nuit, quelque chose comme : « Et c’est maintenant que tu te (me) réveilles ? »
Ou bien : « Pardon, heu, mais qui êtes vous Monsieur ? Votre nom me dit bien quelque chose… »

Laisse béton !
Demain il fera jour.

Ah ! Si : et si je débuterais cette expérience insolite par Madame Alessandri, qui m’a appris à lire, à écrire et à compter au CP ?
Qui m’a surtout appris à cette époque que certes, j’étais assurément  un brin timide, mais que je n’étais pas moins digne d’intérêt que les autres « grandes gueules » de mes camarades de classe de l'époque.

Bon, soit :  Madame Alessandri est en tête de liste.
Mais où désormais la retrouver au juste cette brave dame ?
Bientôt "un siècle" que ça s’est passé. En plus, elle semblait, au bambin que j'étais,   avoir déjà à son actif… un bon siècle au compteur.

Et puis, si d’aventure je lui metterai le grappin dessus, je n’ai  vraiment pas envie de la voir à tel point vieillie, ni envie de mer replonger dans ces souvenirs indicibles et néanmoins pénibles de ma cour de récré ... du siècle dernier …

Que la terre vous soit légère et douce, Madame Alessandri si, d’aventure, hélas,  vous auriez du, avec regret, quitter ce bas monde…

Vous êtiez si bonne, si gentille ... si chiante aussi avec votre baguette en bambou ... !
Et puis je pense à elle, à Barbara, rencontrée un peu plus tard, lorsque j’étais un peu moins timide - quoique - et un peu plus adulte.

Oui, elle : Barbara ! Celle qui aurait du être la femme de ma vie mais qui était surtout la copine de quelqu’un autre.

Oui, elle je la remercierai bien … de m’avoir appris si bien à reconnaître la méchanceté, la lâcheté, la cruauté et le mensonge !

Plus sérieusement, sans doute, devrais-je lui reconnaître que cette histoire, si mortifère alors pour moi, m’a au moins conduit à me poser – enfin – des vraies questions sur moi et sur mes rapports impossibles aux femmes inaccessibles, pour ne pas dire abjectes !
Et puis, non ! Jamais de la vie ! Ca va pas, non ? Et puis quoi encore !

C’est plutôt moi que je devrais remercier.
Oui, moi-même ! Car c'est  tout seul que  j’ai su tirer quelque chose de cette tragique histoire de mon premier amour bafoué.
Ce n'est fut   certainement pas grâce à Barbara que j'ai appris à panser et cicatriser les blessures bénates inérentes au sentiment amoureux ...

Tiens justement : est-ce que l’on se remercie suffisamment soi -même au juste ? En voilà une (bonne ?) question.

Mince, une mise en abîme vertigineuse s’ouvre là devant moi...

Mes parents alors …
Bof, ils ont fait leur taf. Certes d’une manière admirable avec le boulet acrimonieux que j’étais, mais cela était leur mission de parents. N'est ce pas : papa/maman ?

Quant à mes frères passons. Ils m’ont empoisonné mon existence d'enfant.
Que des "savonnages de planches" de leur part !
En qualité de plus petit de la fratrie : j'ai morflé.
Pas de quartiers à l’époque pour moi.
Point de mercis pour eux,  aujourd’hui.  Na !

Au fond je pense : mais qu’est-ce que je risque à dire merci ? …
A priori pas grand-chose.
Cela en vaut-il donc la peine ?

C’est le moment de le vérifier.

J’ai pris alors rendez vous avec Clarisse, une ex.
Une authentique et fabuleuse personne. Un être rare.

La conversation, l’atmosphère, tout s’y prête en cette soirée chatoyante.
Je vais enfin pouvoir remercier quelqu’un pour de bon. La remercier de m’avoir rendu exigeant en amour. De m’avoir fait découvrir tous les délices, tous les bonheurs, tous les ravissements. Toute la joie aussi et des fous rires inoubliables ...

Je lâche tout d’un bloc et retiens mon souffle.

Elle sourit, avec son si joli sourire. Ses yeux, d'un vert profond,  sourient aussi. Elle rougit un peu.

Elle ne s’attendait pas, mais alors pas du tout.

Comme quoi, tout cela n’était évident que pour moi. Dire merci, même aux personnes les plus méritantes, louables et honnêtes, ça ne va pas de soi.
La gratitude peut parfois troubler, à défaut de meurtrir.
Je ne souhaitais pas la voir ainsi fondre en larmes. 
Pour elle le souvenir de notre amour désormais mort, semble s’être avéré davantage plus mitigé que pour moi.

N’empêche, j’estime avoir bien fait à le lui dire.

Et cette peine discrète qui, comme alors, la rend si belle, si gracieuse, si digne aussi.
D’autant qu’elle a ajouté dans la foulée : « Tu es vraiment un garçon exceptionnel, mais qu’est que tu es pénible ! »
Et elle éclate de rire....

Il n'y a que les femmes pour passer ainsi des larmes à l'esclaffe en une petite fraction de seconde.
Si, si : elle m’a dit ça, je vous assure.

Mission accomplie donc.
J’ai réussi à lâcher un remercient authentiquement sincère et venant, pour une fois,  du fond du cœur.

Retenant à mon encontre, selon les dires de Clarisse, plus le coté « exceptionnel » que le « coté pénible », j'ai pouffé de rire à mon tour.
Ma gratitude pour Clarisse m’a au moins procuré, durant un bref instant, un peu de contentement pour mon égo si démesuré et parfois, comme ce soir par exemple, si rudement malmené.

Il n'empêche.
C'est dans ces précises circonstances que nul Oscar, nul César, nulle autre préstigieuse récompense planétaire, ne pourrait davantage me redonner envie de rejoindre  mon monde habituel qui m'autorise  si bien, à l'accutumé, de fulminer  si haut  et fort. Comme d'hab, quoi.
Promis, juré : j'irai me détendre  un peu ... à la campagne.

Par Désherbant
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Mercredi 25 février 2009

... Ah ! Ce fameux «  casse-toi pauvre con »  présidentiel d’il y a un an.
Souvenez-vous : on en rit encore dans les dîners en ville.
Quoique …
Rebelote cette année encore avec ces affligeants clichés  relatifs à  la  : « plus grande ferme du monde » qui se déroule, néanmoins dans la capitale et avec, au menu dans les mangeoires des bestaiux, des mondanités et  des passages obligés de personnalités politiques en tout genre.
La nouvelle édition 2009 du Salon de l’Agriculture, vient ainsi d’être inaugurée à Paris.
D'ici le 1er mars, plus de 600 000 visiteurs devraient venir goûter les produits régionaux et admirer les 4 000 animaux: 650 bovins, 550 ovins, 140 chevaux et poneys ainsi qu'une immense basse-cour.
Cette 46ème édition du salon de l'agriculture est placée sous le signe du développement durable et du ''produire mieux''.
En pleine crise planétaire, c’est sur que ça va intéresser du monde surtout concernant les prix des produits de la filière de la viande pour les consommateurs moroses que nous sommes. 
Allez, pour une fois je vais vous laisser la place.
C’est à vous de vous y coller, si vous le voulez bien,  avec le collecte de tant de fumier, de purin et bien d'autres excrétions animales que cet élégant  salon s’efforce de nous offrir en guise de dépaysement … durable dans ce millésime 2009.
 

- Que représente le Salon de l'Agriculture pour vous?
- Comprenez-vous l'inquiétude des agriculteurs ?
- Partagez vous le désarroi des consommateurs face à la flambée des prix des produits fermiers ?
- Aimez-vous ce genre de manifestation ?
- Pensez-vous que Paris soit le meilleur cadre pour ce salon ?
- Quel est, selon vous, l’équipement idéal – et de survie - pour accéder à cette folklorique manifestation ?
- Craignez-vous un tel rassemblement annuel de menaçants bouseaux dans la capitale durant ces 15 jours ?

Bon courage à vous tous donc et :  à vos com’s...

 

Par Désherbant
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Mardi 24 février 2009

Dans ces périodes saisonnières particulièrement glaciales, où la soif de soleil, de nature, de liberté et l'envie d’abandonner les épaisses couches des habits qui ensevelissent notre peau, se fait le plus sentir, nous pouvons, un peu partout dans notre entourage, mesurer le ras-le-bol général qui fait rage en mesurant le nombre de catalogues vacances des grands voyagistes hexagonaux qui circulent, plus ou moins, sous le manteau, dans les allées de nos bureaux transis et que l’on feuillette l’œil humide et la bouche qui salive, à la seule l’idée de nos prochaines vacances dans l'un de ces paradis idylliques qui vous verra entourés d’une nature abondante, sauvage et si possible dense en chlorophylle.
A vrai dire,  qu’aimons-nous d’autre au monde plus que notre propre cheri (e) et/ou notre chien (ou inversement) ?
Et bien : c'est de les aimer (ou jouer avec si c’est un canidé, ou inversement), dans l’herbe,  lors d’une chaude journée d’été...
Se rouler dans  l’herbe, dites vous, avec votre cheri(e),  … ou votre chien, (ou les deux) ? …
Malheureux que vous êtes !
Saviez-vous que le réchauffement climatique pousse la tique du chien à piquer l’homme (ou la femme, ou les deux) ?
C’est la conclusion d’une étude publiée par des chercheurs  marseillais qui ont observé que des tiques placées à 40° C pendant 24 heures attaquaient beaucoup plus que celles placées à 25° C.
Des résultats corroborés par le nombre de cas de maladies transmises par cet immonde parasite en été, telle la fièvre boutonneuse méditerranéenne, qui peut être mortelle.
Réchauffement de la planète oblige,  nos scientifiques, depuis leur Canebière,  s’attendent donc à une augmentation significative du nombre des maladies comme lors de la canicule de 2003.
Mais c’est quoi au juste une tique ?
La tique est un acarien hématophage qui se fixe par la tête dans la peau des animaux (chien, chat) et parfois de l'homme et qui peut transmettre de graves maladies.
Plusieurs espèces de tiques provoquent des paralysies aiguës chez l'homme et les animaux domestiques.
Les tiques supportent les conditions les plus extrêmes : froid, sécheresse, radiations, haute pression ….
Rien ne semble pouvoir les détruire.
Deux espèces sont présentes en Europe : H. Aegyptium et H. Marginatum
Des tiques porteuses du virus de la fièvre hémorragique du Crimée-Congo ont semé la panique en Turquie en 2006.
Une dizaine de personnes, en un mois, en sont mortes.
Il n’existe pas de traitement contre cette maladie virale à fort taux de mortalité (30% habituellement, 5% observés jusque-là en Turquie).
Seuls des soins palliatifs permettent de soulager les souffrances comparables à celles causées par ce virus, cousin de l'Ebola.
En Europe sont rencontrées également la fièvre hémorragique de Crimée Congo dans les Balkans (transmise par ces mêmes tiques) et les fièvres à phlébotomes, sur le pourtour Méditerranéen.
Et si d’aventure il vous viendrait l’envie d’aller batifoler dans l'herbe ailleurs, sachez que en 2001, plusieurs cas d’endémie ont été décelés au Kosovo, en Albanie, en Iran, au Pakistan et en Afrique du Sud.
On a établi sa présence en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Europe orientale.
Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo peut infecter un grand nombre d’animaux domestiques et sauvages.
Seule la femelle suce le sang.
Elle absorbe 20 fois son volume en sang. Soudée à la plaie qu’elle a ouverte dans sa victime, elle pompe jusqu’à plus soif.
Sa salive est anti-coagulante.
Ce repas de vampire est indispensable pour sa progéniture. L’afflux de sang déclenche la maturité des ovules et donne aux œufs la réserve vitale.
Une fois repue, la femelle lâche prise, prête désormais à l’accouplement.
La femelle copule avec plusieurs mâles.
Elle stocke les spermatozoïdes pour tout le reste de sa vie car elle ne s’accouple qu’une seule fois, tandis que le mâle s'évertue à trépasser après l’accouplement.
L’hiver, la tique tombe en léthargie pendant une durée qui dépend de son environnement.
Elle peut survivre au moins 5 ans avant de prendre un nouveau repas.
La chaîne de contamination commence par l’infection des petits vertébrés qui après une période d’incubation peuvent transmettre le virus aux hommes et aux tiques saines.
L’infection de l’homme se produit par contact direct au cours de cette période avec du sang ou d’autres tissus contaminés provenant d’animaux d’élevage ou par une piqûre de tique.
Les manifestations cliniques de cette maladie sont nombreuses. Fièvre, myalgies (douleurs musculaires), vertiges, raideurs et douleurs de la nuque, douleurs dorsales, céphalées, yeux sensibles et photophobie sont autant de symptômes du virus. La durée d’incubation dépend, elle, du mode de contamination.
Le recours au médicament antiviral Ribavirine a permis quelques succès mais pour le moment il n’y a pas de vaccin sûr et efficace.
Voici, en prime,  une bien succincte check liste de quelques grandes familles des pathologies épizootiques spécifiques à la tique et transmissibles à l’homme (*).
Borrelioses, Richettsioses, Ehrlichioses et autre Barbebiose Européenne …
La bonne dizaine de subdivisions existantes pour chacune de ces  quatre grandes catégorie principales sont suffisamment virulentes pour vous expédier en congés à durée indéterminée chez votre distinct créateur, pour peu que vous en disposiez d’un.
Alors toujours prêt(e)s à vous enthousiasmer dans des roulades dans l’herbe lors des vos plus caniculaires journées du prochain solstice d’été ?
Comme au loto vous aurez, dans ce cas une - double - chance de choper une belle saloperie : une au tirage et  l’autre ... au grattage.

(*) Sources : Institut Pasteur. Paris

Par Désherbant
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Vendredi 20 février 2009

Tôt ou tard ça devait arriver. Va savoir pourquoi, mais les vieux amis rencontrés jadis sur les bacs des amphithéâtres de la fac et avec lesquels on a fait les 400 coups, mais qu'on a aussi perdus de vue depuis, s’entichent toujours à ne jamais nous lâcher les baskets, même 15 ans plus tard.
Ces derniers semblent inaptes à magnanimement tourner la page sur une amitié désormais morte.

Pourquoi ne sont-ils pas tous comme moi qui, j’avoue sans nulle honte, d’être aucunement le bon camarade à la Bruel, motivé par le classique  « rendez-vous dans 10 ans » ou 20 ans, j’sais plus.

Mon crédo est que lorsque l’ami a  bifurqué – à droite ou à gauche – de la ruelle, je cesse sur le champ de le  poursuivre  et du regard, et de ma pensée.
Bon vent, l’ami. Et hâte, si possible, davantage  tes pas pour passer ton chemin bien loin de ma vie.

Elle est pas belle l'amitié, non  ?
Sacré Benoît. Ni brillant, ni débile, juste moyen dans ses études supérieures, il avait bien compris qu’il fallait consolider autrement que par les études, ses chances de réussite.  
Des deux choses l’une.
Soit il s’efforçait de bâtir un important et efficace réseau professionnel, grâce à la sueur de son front - et rien n’était moins sur - soit il tablait pour un mariage ad hoc.
C’est cette seconde hypothèse qui rencontra sa plus enthousiasmante adhésion. Cela était d'ailleurs en parfaite cohérence avec lui-même car, aussi loin que je me souvienne, il a perpétuellement été un sacré mol et paresseux épicurien.

Oui, bon  j'avoue. Soit. On était des très bons copains ... jadis ... !
Voilà ce que j’appelle une efficiente gestion prévisionnelle. Une pierre, deux coups …

Ripant à moult reprises dans sa trop imparfaite  intention d’élever dans la performance, un solide parcours métier à la progression rapide et à l'ascension verticale, l’ami Benoît, chérissant le  choix du « beau mariage ». Il choisissait, de ce fait, la réussite sociale sans efforts.

Dans nulle école de confucianisme au monde ou pouvait rencontrer autant de sagesse que de fainéantise à la fois. 
Mais soyons francs, ses vieux restes corrélatifs à son joli minois et à son physique avenant d’antan, nonobstant les cruelles prémices d’aujourd’hui relatives à un épaississement adipeux abdominal flagrant, et d’une genèse de calvitie galopante, pouvaient encore l’autoriser à prétendre à un mariage avantageux socialement, à condition néanmoins qu’il ne s’y attarde pas trop en si bon chemin.

Le temps qui passe, on le sait, scande toujours et inexorablement la dégénérescence de notre mortelle condition.
« Oh ! Tempora, oh mores ».
Disaient sans cesse et jadis, mes ancêtres les Romains ...

Quel ne fut donc pas mon ébahissement lorsqu’en triant mes abondantes factures, relances, mises en demeure, injonctions du Trésor Public diverses qui constituent l’ordinaire  de mon abondant courrier  d’après les fêtes, de relever avec surprise, submergé dans la masse, le voyant faire-part de mariage de mon indicible ex-camarade Benoit.
Le premier sentiment qui prévit fut un indicible mouvement d’effroi car il fallait envisager, à coup sur, des dépenses additionnelles.

Or mes décharnées économies semblaient encore subir inlassablement les contrecoups de la crise financière du crack de 1929 …. Merci mon Benoît : tu tombes toujours avec un à-propos sidérant …
Mais bon : toutes mes  félicitations quand même.

Son propre prénom, qui  n’a jamais, selon moi,  constitué une authentique réussite dans le discernement de ses parents à l’esprit facétieux, était de surcroît jumelé avec un  nom de famille  on ne peut plus ridicule (mais sur ce point on n’y peut rien).
Un bien burlesque patronyme qui accroissait encore plus, aujourd’hui, l’impact caricatural lorsque on pouvait lire sa dénomination  qui juxtaposait, sur l’élégant faire-part ambré, le nom de famille composé et à la double particule, adjacent de trois prénoms assurément patriciens,  et dont sa future épouse pouvait se prévaloir.

Le mariage de la carpe et du lapin.

Le roturier accomplissait le coup du siècle.
Pénétrant de la sorte la société de la petite aristocratie de campagne, il appréhendait le fruit à l’instar d’un ver : en le corrompant.
Cela exhalait un arrière gout d’avarié et de combines à deux balles.
Mais « total respect » quand même, mon admirable et fort opportun : Benoit. Joli coup !

Après renseignements pris, j'ai appris que la lignée de la Maison de sa future épouse, petite noblesse de robe, subsistait depuis les ères reculées de l’ancien régime.

Ses anciennes racines s'enfonçaient dans la profonde campagne du Massif Central.
Ce qui relativisait la magnificence de cette aristocratique Maisonnée.

Le hic, c'était que loin, très loin  de Paris, éloignée de la capitale et du pouvoir, la future belle famille de l’ami Benoît, semblait obstinément depuis toujours rechercher incorrigiblement la moindre passerelle indispensable à l'attache avec  les réseaux spécifiques à l’autorité centrale – royale ou républicaine - qui inlassablement se situent depuis toujours  dans la capitale.
Comment lutter contre ce terrible handicap constitué par l'éloignement géographique avec Paris de cette très, très provinciale noble Maison ?

En somme, ce trou du cul du monde, freinait assurément,  à cette famille patricienne, l'accès à l’ascension sociale. Une situation  bien agaçante qui ralentissait toute ambition et tout espoir de carrière éclatante pour  ses glorieux rejetons.

L’ascenseur social hélas, était fort bien en panne, surtout lorsqu’on démarre dans la vie avec des telles entraves cruelles.

La future belle famille de Benoît avait beau être ancienne et noble, sa notoriété ou son prestige étaient rendus imperceptibles par les couches des crottes et du purin qui émaillent les tréfonds de ces riantes contrées de la France campagnarde et ,accessoirement, le blason familial.

C’est étrange : en France on peut être aristocrate et néanmoins bouseux. Une particule qui empeste les excrétions animalières,  n’a  jamais été reconnue comme étant bien « smart » dans la haute société hexagonale. Tu parles d’égalités des chances … Mais que fait la Halde ?

Il n'empêche, pas si étourdi que ça, notre  Benoît. Il avait compris le truc.
Bien résolu de profiter de ces circonstances, il pouvant désormais prétendre à une noblesse de cloche ou un anoblissement à la mode "second empire", en offrant en contrepartie de ce mariage et grâce à sa ronflante  carrière dans la  magistrature de Paris, le viatique pour la capitale que depuis des siècles, fuyait cette Maison.

Sacrée de plébéien opportuniste, va.
Cependant  un Baron de plus ou de moins, pas de quoi pousser des cris d’affolement, ou de quoi réveiller l’esprit jacobin qui sommeille en nous fervents républicains que nous sommes, n’est ce pas ?

Pourquoi donc s’offusquer autrement d’une si disgracieuse et peu favorable union avec ce futur gendre « sine nobilitate » ?
Dans ce mariage de circonstance, le principe du « gagnant/gagnant » pour chaque partie prévalait.
L’honneur était sauf.

Allez,  soyez honnêtes : souffrez enfin qu’il y ait un peu d’amour, quand même,  entre les ces jeunes futurs époux… Et la morale sera sauve.

La semaine qui s’en suivi à la réception du faire-part de ces noces, Benoît allait, dans la foulée, m’appeler.
C’est étrange, pensais-je, voilà qu’on avait mutuellement tronqué tout contact  depuis 15 ans au moins,  et la, soudainement : une missive cachetée,  suivie par un  coup de fil quasiment en même temps.
Je n’en revenais pas.

Compte tenu des caractéristiques de mon patronyme, le futur époux me proposait de le seconder en qualité de témoin du marié.
Histoire peut-être d’illustrer à sa future belle famille, que lui aussi disposait d’un carnet d’adresses "snob ad hoc" …
Ad hoc, tu parles !
Juste pour y mettre les formes, tu veux dire !

M’aurait-il honoré avec autant d’attentions  aimables si d’aventure je m’étais appelé : Dufion, ou un truc comme ça ?
Je m’interroge … 

Au moins il avait le mérite d’être franc.
Voilà ce qui s’appelle avoir  du suivi dans ses idées.

« Mais quelle surprise, mon cher Benoît. Mais avec plaisir, mon vieux. C’est un honneur que tu me fais la » … Je me suis entendu  dire ces deux phrases machinalement et sans enthousiasme aucun.

Bon, désormais  il fallait penser à dégager du temps et un peu de moyens, pour  la recherche et  l’acquisition d’un habit de circonstance.
A la campagne et dans les familles à la noble extraction, on apprécie qu'on y mette le décorum, le protocole et l'étiquette. Et la chemise en soie blanche, et les boutons de manchettes, et la lavallière, et l'épingle à cravatte, et le costume trois pièces, et les bottines "Crockett & Jones" noires ...

Reste que je déteste la campagne et qu’un mariage, dusse-t-il être patricien, c’est aussi chiant qu’un discours de politique générale prononcé par un conférencier bègue narcoleptique.

Mais rassures-toi, Benoit : je vais prendre sur moi....


(... A suivre)

Par Désherbant
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