... Ma foi !
Vu sous cet angle, la forêt me paraît, pour une fois, plutôt sympathique.
Voir ... excitante ...
On pourrait - presque - songer de ... l'aimer cette coquine de forêt !
Allez, soyons pas revêches : un peu de « tendresse », que diantre, dans ce monde rugueux !
Ce qu’il y a de plus lassant dans les déplacements professionnels en train, c’est que l’on est obligé de ... traverser la campagne.
Entre deux dossiers, bien calé dans mon fauteuil de 1ère classe, je réfléchissais à la célèbre phrase de Jean-Michel Ribes : « Je
n’aime pas la campagne sauf dans le TGV, car elle défile plus vite » …
Et puis une jeune femme, la belle trentaine, à l’allure jolie et fort gracieuse, vint s’assoir en face de moi.
Elle tirait une petite valise à roulette et état harnachée d’une volumineuse sacoche qu’elle portait en bandoulière sur ses frêles épaules. Elle accepta ma proposition de l’aider à placer sa valise dans le compartiment à bagages placé au dessus de nos têtes.
Ensuite, assis l’un devant l’autre, je pris l’initiative, à la minute même où le train entreprenait à quitter la gare, de me présenter.
Elle se présenta à son tour. Cette jeune femme était médecin gériatre. Elle se rendait dans la même ville de ma propre destination afin de participer à un colloque de médecins sur les nouveaux dispositifs législatifs et thérapeutiques mis en œuvre aujourd’hui en matière de soins palliatifs pour les personnes âgées en fin de vie en milieu rural.
Jamais, jusqu’à présent, je m’étais posé la question relative à la mort à la campagne.
Eloignés de tout, de toute institution sanitaire, de tout dispensaire, de tout cabinet médical, de tout hôpital, de toute maison de retraite, bref de tout dispositif sanitaire utile, des gens, pour la plupart âgés, mourraient à la campagne.
Dans ce compartiment feutré de 1er classe, que cela me parut étrange de prendre ainsi conscience de cette
saugrenue réalité qui présentait, encore de nos jours, à
l’orée de ce nouveau millénaire, des déserts sanitaires abritant des patients, des malades âgés et en fin de vie.
Quels soins, quelle prévention, quel accompagnement pour ces vieux ruraux au soir de leur vie ?
Tel vraisemblablement était le contenu de l’intervention de ma jolie voisine de siège et qu’elle était sur le point de divulguer dans son colloque.
Qu’elles étaient donc les solutions des spécialistes de la santé en matière de bien vieillir et, surtout, du bien mourir ?
Ma belle gériatre avait la beauté froide et le sourire carnassier de la mort.
Elle devait en avoir vus des décès dans sa proximité avec ses très âgés patients.
Fermés des paupières, ouïs d'ultimes soupirs. Peut-être prodigué même, charitablement, des « cocktails morphiniques » par voie centrale, facilitant avec compassion certains départs à la vie et abrégeant de la sorte les souffrances de ces vieilles personnes dont la douleur incommensurable déformait les visages pourtant déjà ravagés par une trop longue et dure vie de labeur et de sacrifices.
Ses récits terrifiants, comme son affolante beauté m’ont obnubilé durant tout le temps de mon séjour professionnel dans cette même ville provinciale où séjournait aussi, le temps d’un week end, cette jolie femme médecin.
Cela me hante encore aujourd’hui car, en effet, que cela signifie, au juste, mourir à la campagne ?
Jamais autant qu’aujourd’hui, avec l’augmentation de l’espérance de vie des personnes, se pose le lancinant problème de la prise en charge des personnes âgées et en fin de vie, notamment en milieu rural.
Quelle est la spécificité de la mort en milieu campagnard ?
Quelles sont les représentations et les pratiques relatives à la mort ?
Des vestiges archaïques et d’anciennes pratiques traditionnelles de l’homme face à la mort, perdurent-elles encore de nos jours auprès de nos
aînés ?
S’agit-il de ces mêmes pratiques qui caractérisaient le quotidien de ces ruraux depuis le paléolithique ?
Pratique-t-on encore, à l’orée de nos villes, des coutumes et des rites ancestraux qui n’ont plus rien à voir avec les décès et les « deuils » qui se pratiquent en ville ?
Au-delà de l’imagerie que la culture citadine projette encore sur la campagne, peut-on vraiment affirmer que le monde rural a changé en ces cinquante ou quarante dernières années ?
Les bouleversements essentiels de nos territoires et auxquels nous avons pu assister depuis, ont-ils vraiment conduit, même partiellement, à l’abandon des nos anciennes pratiques primitives de deuil qui désormais ne font plus sens pour les citadins que nous sommes ?
Et que cherchent-ils enfin, ces de plus en plus nombreux néo-ruraux, qui décident d’habiter à la campagne et qui sont, souvent, désormais majoritaires aujourd’hui dans les villages ?
Veulent-ils vivre à la campagne ou alors souhaitent-ils résider dans nos rurales contrées juste pour y mourir ? Comme les éléphants. Loin des endroits où vivent leurs congénères…
Le monde du vivant désormais n’appartient plus à la culture paysanne. Seule la mort y subsiste. Les modes de vie, les référents et les valeurs citadines ont pénétré, de nos jours, massivement la campagne.
Ces néo-ruraux tentent-ils, dans leur choix de « vivre » au contact de la terre de nos ainés, à relayer le déni de la mort si dissemblable aux aspects contemporains de notre temps et qui exaltent la vie sous toutes les formes ?
Ou tout juste veulent-ils renouer avec notre égarée prédisposition de savoir mourir ?
Mourir à la campagne : un vertige de la pensée.
Bon, j’avoue : ça n’a rien à voir avec la
« choucroute », mais bon, pour une fois : va pour la méthode douce… Humm.
Les toutes récentes cérémonies des Oscars, des Césars, des globes d’or, des Victoires de la Musiques et autres daubes de cet acabit, m’ont autorisé une
brève méditation portant sur la notion de la … reconnaissance.
Ah, ce sain regard positif sur la vie dont je/nous savons si peu poser, cette main tendue vers l’autre qui diffère si bien des claques qu’habituellement et avec tant de dextérité, nous
prodiguons, (en abondance ?) à qui mieux-mieux....
Depuis les ataviques et traumatisantes injonctions maternelles de type : « Dis merci à la dame ! », je mes croyais vacciné à tout
jamais envers la gratitude.
Certes, j’arrive encore à bougonner, en guise de merci, lorsque quelqu’un me tiens une porte, ou lors d’une salière tendue, mais bon, vous
aurez bien compris que c’est de toute autre espèce de gratitude dont mon âme aujourd’hui, fait l’objet d’une bien profonde
infirmité.
Dire merci : c'est très peu pour moi.
Or selon les neurosciences, pratiquer la gratitude au quotidien serait un gage de bonne santé physique et relationnelle. Donner de soi après avoir reçu, nous aiderait, semble-t-il, à
résister au stress, mais aussi à prendre conscience que nous avons besoin des autres pour exister …
Et pourtant, comment expliquer alors cet insolent affichage d'une excellente santé physique et mentale qui, malgré ma revêche inclinaison pour savoir "être gré à autrui" bénéficie d’un assez satisfaisant relationnel au monde extérieur.
Alors quid de ces savants traités à la noix ?
Cependant, comment m'arrive-t-il, au juste, de remercier parfois ?
Jamais je m'étais auparavant posé ce genre de question.
J’ai ainsi décidé de faire, pour "my self", l’objet d’une brève étude durant toute une nénmoins longue et interminable journée.
Objectif de ce challenge: recenser et gratifier de toute ma (sincère ?)reconnaissance, toutes les personnes qui le mériteraient …
Ré-hummm ...
Mais au juste, ces personnes devront-elles être des connus ou des inconnus ?
En effet, jusqu’à ce jour j’étais fermement convaincu que remercier tue la relation, ça la rend beaucoup trop formelle, car la politesse et ses usages courants auraient assassiné le vrai sens du fameux « merci ».
Résultats : ceux qui mériteraient d’être vraiment remerciés n’y ont jamais le droit.
Et alors ?
Il me vient à l’esprit, comme une fulgurance, en me remémorant ces moments de solitude et de silence vindicatifs lorsque il m’arrivait d’ouvrir, à l'occasion d’un anniversaire ou d’un malencontreux Noël, un inopportun et décevant cadeau.
Combien des fois avez-vous rajouté du déshonneur et de l’ignominie à cet étrange sentiment de frustration lorsqu'il vous arrivait de
proférer vos « enthousiastes » remerciements, à tous ces amoraux individus vous ayant gratifié de si indigents présents.
Ca fait belle lurette que je n’articule plus le moindre mot de remerciement devant cette indigne racaille.
Mais revenons aux cérémonies "professionnelles de la profession" et dispensatrices de prix en pagaille. Qui n’a pas un jour rêvé de monter sur une scène pour revoir le (juste ?) prix ? On aurait avec profusion alors remercié, une heure durant - pour le plus grand emmerdement de tout chacun - tout ce beau monde improbable : de mes parents « papa/maman », aux éternels techniciens en coulisse, sans qui rien n’aurait pu se faire…
Au bureau pourtant lorsque je dis merci, personne ne m’ovationne début.
Pis encore, lorsque il m'arrive, rarement, de dire merci, on me répond quoi au juste en, général ?
« De rien » !
A merci automatique, réponse automatique.
Bref : aucun intérêt.
Et si je commençais, par exemple, par dire merci aux vieux copains de fac ?
Après plus de 15 ans de silence, ils/elles répondraient quoi, au juste, ce braves gens ?
J’appellerais (pas tous) pour les remercier de ce temps fou que certains d'entre eux, ont passé pour m’aider à préparer mes partiels.
Je les vois pourtant déjà, pour la plupart, répondre, en pleine nuit, quelque chose comme : « Et c’est maintenant que tu te (me)
réveilles ? »
Ou bien : « Pardon, heu, mais qui êtes vous Monsieur ? Votre nom me dit bien quelque chose… »
Laisse béton !
Demain il fera jour.
Ah ! Si : et si je débuterais cette expérience insolite par Madame Alessandri, qui m’a appris à lire, à écrire et à compter au CP ?
Qui m’a surtout appris à cette époque que certes, j’étais assurément un brin timide, mais que je n’étais pas moins digne d’intérêt que les autres « grandes gueules » de
mes camarades de classe de l'époque.
Bon, soit : Madame Alessandri est en tête de liste.
Mais où désormais la retrouver au juste cette brave dame ?
Bientôt "un siècle" que ça s’est passé. En plus, elle semblait, au bambin que j'étais, avoir déjà à son actif… un bon siècle au compteur.
Et puis, si d’aventure je lui metterai le grappin dessus, je n’ai vraiment pas envie de la voir à tel point vieillie, ni envie de mer replonger dans ces souvenirs indicibles et néanmoins pénibles de ma cour de récré ... du siècle dernier …
Que la terre vous soit légère et douce, Madame Alessandri si, d’aventure, hélas, vous auriez du, avec regret, quitter
ce bas monde…
Vous êtiez si bonne, si gentille ... si chiante aussi avec votre baguette en bambou ... !
Et puis je pense à elle, à Barbara, rencontrée un peu plus tard, lorsque j’étais un peu moins timide - quoique - et un peu plus adulte.
Oui, elle : Barbara ! Celle qui aurait du être la femme de ma vie mais qui était surtout la copine de quelqu’un autre.
Oui, elle je la remercierai bien … de m’avoir appris si bien à reconnaître la méchanceté, la lâcheté, la cruauté et le mensonge !
Plus sérieusement, sans doute, devrais-je lui reconnaître que cette histoire, si mortifère alors pour moi, m’a au moins conduit à me poser – enfin – des vraies
questions sur moi et sur mes rapports impossibles aux femmes inaccessibles, pour ne pas dire abjectes !
Et puis, non ! Jamais de la vie ! Ca va pas, non ? Et puis quoi encore !
C’est plutôt moi que je devrais remercier.
Oui, moi-même ! Car c'est tout seul que j’ai su tirer quelque chose de cette tragique histoire de mon premier amour bafoué.
Ce n'est fut certainement pas grâce à Barbara que j'ai appris à panser et cicatriser les blessures bénates inérentes au sentiment amoureux ...
Tiens justement : est-ce que l’on se remercie suffisamment soi -même au juste ? En voilà une (bonne ?) question.
Mince, une mise en abîme vertigineuse s’ouvre là devant moi...
Mes parents alors …
Bof, ils ont fait leur taf. Certes d’une manière admirable avec le boulet acrimonieux que j’étais, mais cela était leur mission de parents. N'est ce pas : papa/maman ?
Quant à mes frères passons. Ils m’ont empoisonné mon existence d'enfant.
Que des "savonnages de planches" de leur part !
En qualité de plus petit de la fratrie : j'ai morflé.
Pas de quartiers à l’époque pour moi.
Point de mercis pour eux, aujourd’hui. Na !
Au fond je pense : mais qu’est-ce que je risque à dire merci ? …
A priori pas grand-chose.
Cela en vaut-il donc la peine ?
C’est le moment de le vérifier.
J’ai pris alors rendez vous avec Clarisse, une ex.
Une authentique et fabuleuse personne. Un être rare.
La conversation, l’atmosphère, tout s’y prête en cette soirée chatoyante.
Je vais enfin pouvoir remercier quelqu’un pour de bon. La remercier de m’avoir rendu exigeant en amour. De m’avoir fait découvrir tous les délices, tous les bonheurs, tous les ravissements. Toute
la joie aussi et des fous rires inoubliables ...
Je lâche tout d’un bloc et retiens mon souffle.
Elle sourit, avec son si joli sourire. Ses yeux, d'un vert profond, sourient aussi. Elle rougit un peu.
Elle ne s’attendait pas, mais alors pas du tout.
Comme quoi, tout cela n’était évident que pour moi. Dire merci, même aux personnes les plus méritantes, louables et honnêtes, ça ne va pas de soi.
La gratitude peut parfois troubler, à défaut de meurtrir.
Je ne souhaitais pas la voir ainsi fondre en larmes.
Pour elle le souvenir de notre amour désormais mort, semble s’être avéré davantage plus mitigé que pour moi.
N’empêche, j’estime avoir bien fait à le lui dire.
Et cette peine discrète qui, comme alors, la rend si belle, si gracieuse, si digne aussi.
D’autant qu’elle a ajouté dans la foulée : « Tu es vraiment un garçon exceptionnel, mais qu’est que tu es pénible ! »
Et elle éclate de rire....
Il n'y a que les femmes pour passer ainsi des larmes à l'esclaffe en une petite fraction de seconde.
Si, si : elle m’a dit ça, je vous assure.
Mission accomplie donc.
J’ai réussi à lâcher un remercient authentiquement sincère et venant, pour une fois, du fond du cœur.
Retenant à mon encontre, selon les dires de Clarisse, plus le coté « exceptionnel » que le « coté pénible », j'ai pouffé de rire à mon
tour.
Ma gratitude pour Clarisse m’a au moins procuré, durant un bref instant, un peu de contentement pour mon égo si démesuré et parfois, comme ce soir par exemple, si rudement malmené.
Il n'empêche.
C'est dans ces précises circonstances que nul Oscar, nul César, nulle autre préstigieuse récompense planétaire, ne pourrait davantage me redonner envie de rejoindre mon monde habituel qui m'autorise si bien, à l'accutumé, de fulminer si haut et fort. Comme
d'hab, quoi.
Promis, juré : j'irai me détendre un peu ... à la campagne.
... Ah ! Ce fameux « casse-toi
pauvre con » présidentiel d’il y a un an.
Souvenez-vous : on en rit encore dans les dîners en ville.
Quoique …
Rebelote cette année encore avec ces affligeants clichés relatifs à la : « plus grande ferme du monde » qui se déroule, néanmoins dans la capitale et avec, au menu dans les
mangeoires des bestaiux, des mondanités et des passages obligés de personnalités politiques en tout genre.
La nouvelle édition 2009 du Salon de l’Agriculture, vient ainsi d’être inaugurée à Paris.
D'ici le 1er mars, plus de 600 000 visiteurs devraient venir goûter les produits régionaux et admirer les 4 000 animaux: 650 bovins, 550 ovins, 140 chevaux et poneys ainsi qu'une immense
basse-cour.
Cette 46ème édition du salon de l'agriculture est placée sous le signe du développement durable et du ''produire mieux''.
En pleine crise planétaire, c’est sur que ça va intéresser du monde surtout concernant les prix des produits de la filière de la viande pour les consommateurs moroses que nous sommes.
Allez, pour une fois je vais vous laisser la place.
C’est à vous de vous y coller, si vous le voulez bien, avec le collecte de tant de fumier, de purin et bien d'autres excrétions animales que cet élégant salon s’efforce de
nous offrir en guise de dépaysement … durable dans ce millésime 2009.
- Que représente le Salon de l'Agriculture pour vous?
- Comprenez-vous l'inquiétude des agriculteurs ?
- Partagez vous le désarroi des consommateurs face à la flambée des prix des produits fermiers ?
- Aimez-vous ce genre de manifestation ?
- Pensez-vous que Paris soit le meilleur cadre pour ce salon ?
- Quel est, selon vous, l’équipement idéal – et de survie - pour accéder à cette folklorique manifestation ?
- Craignez-vous un tel rassemblement annuel de menaçants bouseaux dans la capitale durant ces 15 jours ?
Bon courage à vous tous donc et :
à vos com’s...
Dans ces périodes saisonnières
particulièrement glaciales, où la soif de soleil, de nature, de liberté et l'envie d’abandonner les épaisses couches des habits qui ensevelissent notre peau, se fait le plus sentir, nous pouvons,
un peu partout dans notre entourage, mesurer le ras-le-bol général qui fait rage en mesurant le nombre de catalogues vacances des grands voyagistes hexagonaux qui circulent, plus ou moins, sous
le manteau, dans les allées de nos bureaux transis et que l’on feuillette l’œil humide et la bouche qui salive, à la seule l’idée de nos prochaines vacances dans l'un de ces paradis
idylliques qui vous verra entourés d’une nature abondante, sauvage et si possible dense en chlorophylle.
A vrai dire,
qu’aimons-nous d’autre au monde plus que notre propre cheri (e) et/ou notre chien (ou inversement) ?
Et bien
: c'est de les aimer (ou jouer avec si c’est un canidé, ou inversement), dans l’herbe, lors d’une chaude journée
d’été...
Se rouler dans l’herbe, dites vous, avec votre cheri(e),
… ou votre chien, (ou les deux) ? …
Malheureux que vous êtes
!
Saviez-vous que le réchauffement climatique pousse la tique du chien à piquer l’homme (ou la femme, ou les
deux) ?
C’est la conclusion d’une étude publiée par des chercheurs marseillais qui ont observé que des tiques placées à 40° C pendant 24 heures attaquaient
beaucoup plus que celles placées à 25° C.
Des résultats corroborés par le nombre de cas de maladies transmises par cet immonde parasite en été, telle la fièvre boutonneuse méditerranéenne, qui peut être mortelle.
Réchauffement de la planète oblige, nos scientifiques, depuis leur Canebière, s’attendent donc à une augmentation significative du nombre des maladies comme lors de la canicule
de 2003.
Mais c’est quoi au juste une tique ?
La tique est un acarien hématophage qui se fixe par la tête dans la peau des animaux (chien, chat) et parfois de l'homme et qui peut transmettre de graves maladies.
Plusieurs espèces de tiques provoquent des paralysies aiguës chez l'homme et les animaux domestiques.
Les tiques
supportent les conditions les plus extrêmes : froid, sécheresse, radiations, haute pression ….
Rien ne semble pouvoir les détruire.
Deux espèces sont présentes en Europe : H. Aegyptium et H.
Marginatum
Des tiques porteuses du virus de la fièvre hémorragique du Crimée-Congo ont semé la panique en Turquie en
2006.
Une dizaine de personnes, en un mois, en sont mortes.
Il n’existe pas de traitement contre cette maladie virale à
fort taux de mortalité (30% habituellement, 5% observés jusque-là en Turquie).
Seuls des soins palliatifs permettent de soulager les souffrances comparables à celles causées par ce virus, cousin de l'Ebola.
En Europe sont rencontrées également la fièvre hémorragique de Crimée Congo dans les Balkans (transmise par ces mêmes tiques) et les fièvres à phlébotomes, sur le pourtour
Méditerranéen.
Et si d’aventure il vous viendrait l’envie d’aller batifoler dans l'herbe ailleurs, sachez que en 2001,
plusieurs cas d’endémie ont été décelés au Kosovo, en Albanie, en Iran, au Pakistan et en Afrique du Sud.
On a établi
sa présence en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Europe orientale.
Le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo peut infecter un grand nombre d’animaux domestiques et sauvages.
Seule la femelle suce le sang.
Elle absorbe 20 fois son volume en sang. Soudée à la plaie qu’elle a ouverte dans sa victime, elle pompe jusqu’à plus soif.
Sa salive est anti-coagulante.
Ce repas de vampire est indispensable pour sa progéniture. L’afflux de sang déclenche la maturité des ovules et donne aux œufs la réserve vitale.
Une fois repue, la femelle lâche prise, prête désormais à l’accouplement.
La femelle copule avec plusieurs mâles.
Elle stocke les spermatozoïdes pour tout le reste de sa vie car elle ne s’accouple qu’une seule fois, tandis que le mâle s'évertue à trépasser après
l’accouplement.
L’hiver, la tique tombe en léthargie pendant une durée qui dépend de son environnement.
Elle peut survivre au moins 5 ans avant de prendre un nouveau repas.
La chaîne de contamination commence par
l’infection des petits vertébrés qui après une période d’incubation peuvent transmettre le virus aux hommes et aux tiques saines.
L’infection de l’homme se produit par contact direct au cours de cette période avec du sang ou d’autres tissus contaminés provenant d’animaux d’élevage ou par une piqûre de
tique.
Les manifestations cliniques de cette maladie sont nombreuses. Fièvre, myalgies (douleurs musculaires),
vertiges, raideurs et douleurs de la nuque, douleurs dorsales, céphalées, yeux sensibles et photophobie sont autant de symptômes du virus. La durée d’incubation dépend, elle, du mode de
contamination.
Le recours au médicament antiviral Ribavirine a permis quelques succès mais pour le moment il n’y a pas
de vaccin sûr et efficace.
Voici, en prime, une bien succincte check liste de
quelques grandes familles des pathologies épizootiques spécifiques à la tique et transmissibles à l’homme (*).
Borrelioses, Richettsioses, Ehrlichioses et autre Barbebiose Européenne
…
La bonne dizaine de subdivisions existantes pour chacune de ces quatre
grandes catégorie principales sont suffisamment virulentes pour vous expédier en congés à durée indéterminée chez votre distinct créateur, pour peu que vous en disposiez
d’un.
Alors toujours prêt(e)s à vous enthousiasmer dans des roulades dans l’herbe lors des vos plus caniculaires
journées du prochain solstice d’été ?
Comme au loto vous aurez, dans ce cas une - double - chance de choper
une belle saloperie : une au tirage et l’autre ... au grattage.
(*) Sources : Institut Pasteur. Paris
Tôt ou tard ça devait arriver. Va savoir pourquoi,
mais les vieux amis rencontrés jadis sur les bacs des amphithéâtres de la fac et avec lesquels on a fait les 400 coups, mais qu'on a aussi perdus de vue depuis, s’entichent toujours à ne
jamais nous lâcher les baskets, même 15 ans plus tard.
Ces derniers semblent inaptes à magnanimement tourner la page sur une amitié désormais morte.
Pourquoi ne sont-ils pas tous comme moi qui, j’avoue sans nulle honte, d’être aucunement le bon camarade à la Bruel, motivé par le classique « rendez-vous dans 10 ans » ou 20 ans, j’sais plus.
Mon crédo est que lorsque l’ami a bifurqué – à droite ou à gauche – de la ruelle, je cesse sur le champ de le poursuivre et du regard, et de ma pensée.
Bon vent, l’ami. Et hâte, si possible, davantage tes pas pour passer ton chemin bien loin de ma vie.
Elle est pas belle l'amitié, non ?
Sacré Benoît. Ni brillant, ni débile, juste moyen dans ses études supérieures, il avait bien compris qu’il fallait consolider autrement que par les études, ses chances de
réussite.
Des deux choses l’une.
Soit il s’efforçait de bâtir un important et efficace réseau professionnel, grâce à la sueur de son front - et rien n’était moins sur - soit il tablait pour un mariage ad hoc.
C’est cette seconde hypothèse qui rencontra sa plus enthousiasmante adhésion. Cela était d'ailleurs en parfaite cohérence avec lui-même car, aussi loin que je me souvienne, il a
perpétuellement été un sacré mol et paresseux épicurien.
Oui, bon j'avoue. Soit. On était des très bons copains ... jadis ... !
Voilà ce que j’appelle une efficiente gestion prévisionnelle. Une pierre, deux coups …
Ripant à moult reprises dans sa trop imparfaite intention d’élever dans la performance, un solide parcours métier à la progression rapide et à l'ascension verticale, l’ami Benoît, chérissant le choix du « beau mariage ». Il choisissait, de ce fait, la réussite sociale sans efforts.
Dans nulle école de confucianisme au monde ou pouvait rencontrer autant de sagesse que de fainéantise à la fois.
Mais soyons francs, ses vieux restes corrélatifs à son joli minois et à son physique avenant d’antan, nonobstant les cruelles prémices d’aujourd’hui
relatives à un épaississement adipeux abdominal flagrant, et d’une genèse de calvitie galopante, pouvaient encore l’autoriser à prétendre à un mariage avantageux socialement, à condition
néanmoins qu’il ne s’y attarde pas trop en si bon chemin.
Le temps qui passe, on le sait, scande toujours et inexorablement la dégénérescence de notre mortelle condition.
« Oh ! Tempora, oh mores ».
Disaient sans cesse et jadis, mes ancêtres les Romains ...
Quel ne fut donc pas mon ébahissement lorsqu’en triant mes abondantes factures, relances, mises en demeure, injonctions du Trésor Public diverses qui
constituent l’ordinaire de mon abondant courrier d’après les fêtes, de relever avec surprise, submergé
dans la masse, le voyant faire-part de mariage de mon indicible ex-camarade Benoit.
Le premier sentiment qui prévit fut un indicible mouvement d’effroi car il fallait envisager, à coup sur, des dépenses additionnelles.
Or mes décharnées économies semblaient encore subir inlassablement les contrecoups de la crise financière du crack de 1929 …. Merci mon Benoît : tu tombes
toujours avec un à-propos sidérant …
Mais bon : toutes mes félicitations quand même.
Son propre prénom, qui n’a jamais, selon moi, constitué une authentique réussite dans le discernement de ses
parents à l’esprit facétieux, était de surcroît jumelé avec un nom de famille on ne peut plus ridicule
(mais sur ce point on n’y peut rien).
Un bien burlesque patronyme qui accroissait encore plus, aujourd’hui, l’impact caricatural lorsque on pouvait lire sa dénomination qui juxtaposait,
sur l’élégant faire-part ambré, le nom de famille composé et à la double particule, adjacent de trois prénoms assurément patriciens, et dont sa
future épouse pouvait se prévaloir.
Le mariage de la carpe et du lapin.
Le roturier accomplissait le coup du siècle.
Pénétrant de la sorte la société de la petite aristocratie de campagne, il appréhendait le fruit à l’instar d’un ver : en le corrompant.
Cela exhalait un arrière gout d’avarié et de combines à deux balles.
Mais « total respect » quand même, mon admirable et fort opportun : Benoit. Joli coup !
Après renseignements pris, j'ai appris que la lignée de la Maison de sa future épouse, petite noblesse de robe, subsistait depuis les ères reculées de l’ancien régime.
Ses anciennes racines s'enfonçaient dans la profonde campagne du Massif Central.
Ce qui relativisait la magnificence de cette aristocratique Maisonnée.
Le hic, c'était que loin, très loin de Paris, éloignée de la capitale et du pouvoir, la future belle famille de
l’ami Benoît, semblait obstinément depuis toujours rechercher incorrigiblement la moindre passerelle indispensable à l'attache avec les réseaux
spécifiques à l’autorité centrale – royale ou républicaine - qui inlassablement se situent depuis toujours dans la capitale.
Comment lutter contre ce terrible handicap constitué par l'éloignement géographique avec Paris de cette très, très provinciale noble Maison ?
En somme, ce trou du cul du monde, freinait assurément, à cette famille patricienne, l'accès à l’ascension sociale. Une situation bien agaçante qui ralentissait toute ambition et tout espoir de carrière éclatante pour ses glorieux rejetons.
L’ascenseur social hélas, était fort bien en panne, surtout lorsqu’on démarre dans la vie avec des telles entraves cruelles.
La future belle famille de Benoît avait beau être ancienne et noble, sa notoriété ou son prestige étaient rendus imperceptibles par les couches des crottes et du purin qui émaillent les tréfonds de ces riantes contrées de la France campagnarde et ,accessoirement, le blason familial.
C’est étrange : en France on peut être aristocrate et néanmoins bouseux. Une particule qui empeste les excrétions animalières, n’a jamais été reconnue comme étant bien « smart » dans la haute société hexagonale. Tu parles d’égalités des chances … Mais que fait la Halde ?
Il n'empêche, pas si étourdi que ça, notre Benoît. Il avait compris le truc.
Bien résolu de profiter de ces circonstances, il pouvant désormais prétendre à une noblesse de cloche ou un anoblissement à la mode "second empire", en offrant en contrepartie de ce mariage
et grâce à sa ronflante carrière dans la magistrature de Paris, le viatique pour la capitale que
depuis des siècles, fuyait cette Maison.
Sacrée de plébéien opportuniste, va.
Cependant un Baron de plus ou de moins, pas de quoi pousser des cris d’affolement, ou de quoi réveiller l’esprit jacobin qui sommeille en nous
fervents républicains que nous sommes, n’est ce pas ?
Pourquoi donc s’offusquer autrement d’une si disgracieuse et peu favorable union avec ce futur gendre « sine nobilitate » ?
Dans ce mariage de circonstance, le principe du « gagnant/gagnant » pour chaque partie prévalait.
L’honneur était sauf.
Allez, soyez honnêtes : souffrez enfin qu’il y ait un peu d’amour, quand même, entre les ces jeunes futurs époux… Et la morale sera sauve.
La semaine qui s’en suivi à la réception du faire-part de ces noces, Benoît allait, dans la foulée, m’appeler.
C’est étrange, pensais-je, voilà qu’on avait mutuellement tronqué tout contact depuis 15 ans au moins, et la, soudainement : une missive cachetée, suivie par un coup de fil quasiment en même temps.
Je n’en revenais pas.
Compte tenu des caractéristiques de mon patronyme, le futur époux me proposait de le seconder en qualité de témoin du marié.
Histoire peut-être d’illustrer à sa future belle famille, que lui aussi disposait d’un carnet d’adresses "snob ad hoc" …
Ad hoc, tu parles !
Juste pour y mettre les formes, tu veux dire !
M’aurait-il honoré avec autant d’attentions aimables si d’aventure je m’étais
appelé : Dufion, ou un truc comme ça ?
Je m’interroge …
Au moins il avait le mérite d’être franc.
Voilà ce qui s’appelle avoir du suivi dans ses idées.
« Mais quelle surprise, mon cher Benoît. Mais avec plaisir, mon vieux. C’est un honneur que tu me fais la » … Je me suis entendu dire ces deux phrases machinalement et sans enthousiasme aucun.
Bon, désormais il fallait penser à dégager du temps et un peu de moyens, pour la recherche et l’acquisition d’un habit de circonstance.
A la campagne et dans les familles à la noble extraction, on apprécie qu'on y mette le décorum, le protocole et l'étiquette. Et la chemise en soie blanche, et les boutons de manchettes, et la
lavallière, et l'épingle à cravatte, et le costume trois pièces, et les bottines "Crockett & Jones" noires ...
Reste que je déteste la campagne et qu’un mariage, dusse-t-il être patricien, c’est aussi chiant qu’un discours de politique générale prononcé par un conférencier bègue narcoleptique.
Mais rassures-toi, Benoit : je vais prendre sur moi....
(... A suivre)
...Vint enfin le week-end tant attendu. Malgré l’effet morose
de cet hiver champêtre qui glaçait ces contrées par un ciel bien chargé en nimbus qui préfiguraient l’imminence de fortes chutes de neige dans la région, je dois en convenir qu’elle était vraiment ravissante : Marie-Cécile, Philomène, Annélide. La future
mariée.
Elle avait assurément l’air d’une authentique princesse, malgré son plus amoindri titre de jeune petite marquise.
Jeune elle l’était, blonde, svelte, d’un charme foudroyant : aussi et, de surcroit, espiègle. Elle ambitionnait en ce jour, comme toutes les ordinaires mariées de ce bas monde, humilier, par son bonheur, son éclat et sa grâce, ses amies les plus proches. Ah, les filles … toutes pareilles.
Un petit moment exquis de fraicheur, à coté de ce froid rassemblement des nobles raides et vieux croulants. Ils faisaient passer la nuit des morts vivants, par une aimable comédie sentimentale.
Comment vous exprimer l’envie de fuir le plus loin possible qui me prit en ce moment précis… « Oh ! Bien ravi, mon cher Monsieur… Mes hommages, Madame » … J’étais piégé désormais. Nulle retraite stratégique n’était plus envisageable. Coincé, vous dis-je.
Mais fi de tout ça. J’étais le témoin du marié et de surcroit. son ami. Hummm... Il fallait tenir. « Cum ungibus et rostro ».
Et puis, pensais-je, malgré les différences linguistiques, j’étais un peu parmi les miens, n’est pas ? Courage donc. Ne fuyons guère. Faisons donc face.
En voyant mon ami d’antan voltiger poussivement à droite et à gauche, brassant un volume incalculable d’air autour de lui pour une efficacité discutable, je me suis bizarrement surpris d'éprouver du contentement pour sa condition. Après tout, il était bien JAF au tribunal de Paris, n’est ce pas ? Il n’avait donc nul souci à se faire si, ultérieurement, il serait d'aventure lourdé par sa belle famille et un divorce se relèverait nécessaire. Il était en première ligne pour bien ordonnancer son affaire. Nulle crainte pour lui donc. Je pouvais poursuivre, l’âme légère, vers l’autel de la capelle familiale de Marie-Cécile, Philomène, Annélide.
La marche nuptiale pouvait enfin retentir depuis cet antique et vermoulu clavecin tout exprès déplacé depuis l’auguste logis mitoyen vers cette austère chapelle de famille.
Tiens justement, la mariée. La voilà donc Marie-Cécile, Philomène, Annélide escortée par M. le Marquis père. J’avais quant à moi ouïs dire qu’elle bénéficierait d’au moins quatre ou six Demoiselles d’Honneur, n’est ce pas ?
Si toutes avaient sa grâce et sa beauté, le week-end, peut être, n’allait pas tout à fait être perdu, pensais-je.
Sitôt, de derrière une porte dérobée de la vieille chapelle, Clarisse, à coté de cinq autres filles en grande tenue et bouquet fleuri à la main, fit son apparition en qualité de Damoiselle d’Honneur principale. Sa robe : rose ancien, exigée par la mariée, sublimait ce corps gracieux et diaphane. La lumière perçant par les vitraux polychromes de ce lieu pieux, auréolait l’ovale parfait de son visage d’un éclat printanier et exquis. Sa beauté, son charme, sa pâleur et le carmin de ses lèvres, au sourire ultra-brite et un brin crispé par le trac, éclipsaient férocement tout autre atout de la pourtant jolie mariée.
Ce fut un authentique ange qui fit son apparition dans cette miraculeuse chapelle antique.
Mon esprit fut soudainement disloqué de mon corps. J’étais enraidi, presque étranglé, à la fois par le strict trois pièces de mon costume amidonné en cachemire noir-et-anthracite, que par tant de beauté qui, assurément missionnée par le divin tout puissant, venait ensoleiller cette morne journée de mariage à la campagne et à se couper les veines.
Je fus secoué par des violentes pulsions que la morale réprouverait. Ce haut prélat de campagne, tout expressément dépêché par la Curie épiscopale de la sous-préfecture toute proche, me regardait d'un oeil torve. Il avait déjà une haleine chargée qui puait la vinasse. Quel bel exploit pour ce corbeau de malheur avant même que le bombance nuptiale débute.
L’interminable office religieux achevé, je fus présenté de manière fort solennelle à l’ensemble de la famille de la mariée, d’abord. Les invités du marié n’étaient guère légion et je connaissais déjà les parents de Benoît. De ce coté la, ce fut vite expédié. Lorsque enfin, vint le tour d’être présenté à Clarisse, j’ai pu apercevoir que les reflets "rose ancien" de sa fort jolie robe doublés par son émoi évident, contribuèrent à changer en rouge corail l’incarnat de ses joues.
Prétextant de partager avec elle une coupe de champagne et un peu de conversation, je m’éloignais alors de la foule en tenant Clarisse par la main. Elle me suivait en silence et par des petites foulées.
On avait beau raser les murs, de cette austère maison, notre manège était aussi discret que le départ d’un Eric Besson du parti socialiste.
Qu’importe. C’était aujourd’hui ou jamais. La fois suivante, si fois suivante il y aurait, Clarisse ne serait plus disponible sur le marché des « cœurs à prendre ». J'en étais bien convaincu.
Hélas, c’était sans compter sur les affres du monde rural et de son coté envahissant. C’était aussi oublier un peu vite qu’à campagne, les gens, ne sont pas ce qu’il y a de plus discret.
Entre le convive rural à l’allure un peu baroque et qui te tape, à la dérobée, une discute insensée sur les avantages de la vie agreste et les embarras de la ville. Les jeunots aux furoncles infectés plus enflés que les « merengues » qui constellant la mise en plie de Marie-Cécile, Philomène, Annélide, et qui souhaitaient tout savoir sur les bon plans (ou les vices ?) des nuits parisiennes. Jusqu’aux bovins de la prairie mitoyenne dont le regard était hautement déstabilisant car ils me fixaient, de leurs yeux globuleux, comme le fait si bien ma concierge lorsque les fin de semaine je rentre d’un pas chancelant au petit matin chez moi.
Bref, il fallait vraiment s’appliquer pour ne pas perdre patience et, aussi, l'agréable contact avec la douce main gantée de Clarisse.
Comme moi, elle aussi semblait s’impatienter de ce tourment que l’on nous imposait et qui retardait d'autant les instants d’intimité que nous deux désirâmes.
Mais impossible d’aller plus loin. On était cernés par ce bal incessant de ces
casse-pied de cul-terreux, endimanchés.
Il fallait se résoudre à jeter l'éponge, pour le moment, de ce moment privilégié et intime en tête-à-tête avec Clarisse, car le tintement du bourdon du manoir retentit en annonçant que
le moment du banquet était survenu.
Vivement un plan de table heureux, espèrerais-je
Que nenni, hélas. J’étais placé à un demi kilomètre, au moins, de Clarisse, séparés par des tables somptueusement dressées, par des conversations insensées, d’entrechocs de vaisselle de Sèvres estampillée aux armoiries de la désormais acquise belle famille de Benoît.
Par moult aussi collisions assourdissantes de verres en cristal gravés par une prestigieuse et ancestrale maison du Pays de Bohème.
Et que dire du sourdingue beau-papa de la mariée qui m’obligeait à bramer la moindre phrase pour qu’il puisse l'entendre, de toutes façon, de traviole ?
« Oui Monsieur le Marquis, je suis un ami de Benoît de la fac» … « Non, Monsieur : il n’y à pas de feu au lac ! » …. « MOI – AMI – BENOIT ! »
J’en pouvais plus !
Je décidais, un peu plus tard dans la soirée, d’initier une nouvelle stratégie
d’approche envers Clarisse qui, au loin, semblait aussi donner l’impression de s’ennuyer à mourir dans les échanges futiles, les rires frivoles, les dialogues superficiels et légers entre filles et pour cause : sa table était garnie de la plupart de ses amies et, sporadiquement, de la jeune
épouse, ainsi que par les autres cinq Demoiselles d’Honneur.
On n'entendait qu'elles.
Alors que tout le monde convergeait vers l’ample salon de réception situé au rdc et où la fête commençait à battre son plein, j'ai pensé que les autres communes de cette vaste maison devaient se trouver, en toute logique, désertes. Excellente idée.
J’entrainais alors Clarisse dans la première chambre, à priori inoccupée, du 1er étage.
Dans la pénombre de la pièce les clameurs remontaient des réjouissances d’en bas. Ce n’était guère évident de se concentrer pour esquisser nos préambules amoureux.
Clarisse était tendue, obsédée à l’idée d’être aperçue ou surprise en si peu vertueuse posture soit par ses parents, présents à la noce, soit par l’une de ses chipies d'amies d’enfance.
C’est curieux comme les jeunes filles ont des principes étonnants.
« Mais non Clarisse, sois-en sûre, personne ne nous a vus, et puis, ce serait un comble que quelqu’un rentre dans cette piè… »
Bingo !
La lumière venait de s’allumer. Une Demoiselle d’Honneur venait de faire, fort mal à propos, une irruption fracassante dans cette chambre.
« … et donc je disais que oui, je pense que le mieux est de rentrer demain vers 11 heures, qu’en penses tu Clarisse ? », récitais-je avec une voix plus fausse que celle que j’utilisais quand mon père me demandait si le bulletin de notes était arrivé.
Clarisse était pétrifiée par la honte. Muette, elle semblait vouloir sombrer dans le néant, tandis que sa garce
d’amie, prenait cruellement tout son temps pour se repoudrer son nez.
L’infâme …
Damned. Encore raté.
Dans cette parodie du film “Four Weddings and a Funeral” que j’étais en train de
vivre, n’était pas Hugh Grant qui veut.
Promis juré, Clarisse, on n'allait pas en rester là.
Nouvelle tentative de s’éclipser plus tard dans la soirée.
Cela tournait à l’obsession. Après un préalable repérage des lieux, j’ai avisé cette fois-ci de conduire Clarisse dans une autre pièce située cette fois-ci, au deuxième étage du manoir. Un lieu situé diamétralement dans l’aile opposée du vaste salon ou se déroulaient les agapes.
Nulle crainte cette d’être nouvellement dérangés par des visites impromptues. Clarisse aurait même pu parsemer le chemin des petits cailloux derrière elle, des fois qu’elle aurait abusé dans sa jeunesse des lectures des contes de Perrault, que nul être au monde n’aurait pu cette fois-ci, nous déranger. Tranquilles enfin.
Mais fallait pas trop tôt crier victoire. Depuis des siècles que cette vieille chambre n’avait plus rempli ses diligences d’origine...
Le lieu, malgré une épaisse pénombre qui s’efforçait de tout dissimuler, cumulait un criant florilège de défauts qui, au plaisir de l’amour, étaient rédhibitoires : papier-peint moisi, parquet brinquebalant, fenêtres abritant des colonies de toiles d’araignées, literie pourrie et poussiéreuse bref, on avait beau se trouver dans un pittoresque et romantique château du XVIIe siècle, ce cadre était tout aussi sexy qu’une déchetterie sauvage en bordure des ces attrayantes allées de la cité du Mirail.
Cette fois-ci certes, guère de bruits des convives qui festoient abominablement au loin, non. C'était encore pire.
Ce qu’avec Clarisse on pouvait désormais entendre c’étaient les effrayants, les inquiétants et les menaçants bruits de la campagne la nuit.
Un monde abominable, agressif et obscur grouillait autour de nous.
Un diabolique aperçu des affres de l’enfer.
Un outre-tombe effroyable dont les abysses et ses démons bruyants, nous appelaient de toutes parts.
Ces cohortes démoniaques nous rapellaient à quel point, était haïssable, aux yeux du créateur, l’abominable péché de la luxure.
J’avais pourtant envie d’elle et elle de moi.
Nos baisers, nos caresses, indispensable introduction à l’amour, s’efforçaient pourtant de poursuivre la progression du désir.
Cependant, comment néanmoins s’unir au seuil de cet antre du diable ? Ce lieu paraissait cheminer nos âmes aux plus creux des abîmes de l'enfer.
La nuit, à travers les deux fenêtres borgnes de cette sinistre pièce, semblait pourtant céder le pas à l’aube.
Chouette qu’on se disait.
Avec la lueur du jour : craintes, peurs et mauvais scrupules auraient, enfin, été balayés, peut-être.
J’avais si magnifiquement envie d’elle.
Ses cheveux blonds relevés, les arômes de sa peau parfumée, sentaient le jasmin et le mimosa.
Son ventre frissonnait sous le gel de la pièce et la fougue brulante de mes baisers, de mes caresses. Son absence de soutien gorge et ses adorables petites fesses mises en valeur par sa robe
cintrée, favorisaient le décuplement de l’attraction terrestre au point que son élégant équipage,
tombait au sol plus vite que la navette Columbia en ce lointain 1er Février 2003.
Plongée dans la semi-obscurité de la pièce, les doigts de Clarisse étaient crispés sur ma tête, sur mes cheveux. Ses paupières mi-closes et sa bouche entrouverte. Tout
explosait dans nos têtes, dans nos corps.
Nous laissâmes aussi nos deux cœurs s’emballer.
Clarisse s’offrait enfin à moi comme un cadeau miraculeux.
Nul péché n’était desormais subséquemment distinguable lorsque, puissamment, nous nous serrâmes l’un contre l’autre.
Et ce fut en ce moment précis, qu’au loin, nous prouvâmes entendre le bruyant remue-ménage des animaux de la ferme qui initiaient leur nouveau jour.
Le braillement des ânes, le désespérant chant du coq, les volailles qui caquetaient, les oies qui jacassent. Les bovins qui mugissaient. Les persistants aboiements des chiens, au loin, qui se répondaient d’une sous préfecture à l’autre...
Dans une livide étincelle du jour naissant, je pus entrevoir dans le regard de ma belle inviolée, un profond regard de tristesse.
Ni elle, ni moi, nous parvenions, dans ce nouveau vacarme, à nous abandonner.
Dans l’agricole clameur animalière qui nous parvenait de l’extérieur, nos caresses ne survenaient plus à nous enflammer. A nous brûler.
L’élan ardent des nos enlacements échangés, renfermait, au fur et à mesure que la vocifération animalière devenait à chaque instant plus
intense, un goût amèr de cendres froides. L'amertume de l'amour mort.
En caressant ses cheveux et ses joues trempées, je me suis alors baissé, résigné, pour relever sa robe qui gisait tristement au sol. Sans décoller ses lèvres des miennes, Clarisse, en quelque mouvement expert et rapide de ses mains, parvint à s’agrafer cette toilette.
« Il serait peut-être avisé de rejoindre les amis en bas dans le salon, qu’en penses-tu, chéri …».
Me dit-elle avec un mélancolique sourire qui s’arborait sur un visage désormais
renfermé.
Je hais la campagne ! Je hais les mariages !
C’est clair, depuis la période, à peine révolue, de
bombances et des dépenses, j’éprouvais le pieu désir de réhabilitation spirituelle. Une sorte de repentance en somme. Entre le detox et la résipiscence. Le tout puissant saurait en tenir compte … un jour, hein ?
Avec une amie, à l’âme tout aussi chargée que la mienne, nous décidâmes d’une petite retraite - il fallait bien expier, n’est ce pas ? – pour remettre les pendules à l’heure.
A nous donc les Chartreuses reculées et, si possibles, loin de tout. Au sommet des alpages si possible, car plus proches du créateur.
Parvenus enfin au monastère de notre choix, j’ai été surpris de constater que les moines chartreux bâtisseurs du haut moyen âge, eurent un très bon goût en choisissant le site, bien propice au recueillement et à la méditation. Bref : un authéntique trou du cul du monde.
1000 ans après, rien n’avait changé dans les alentours.
Dès mon arrivée j’ai su tout de suite que j’allais en baver. Aux pénitents de mon acabit on n’allait pas faire des cadeaux !
Sus aux contrits !
J’allais vivre aux rythme des heures monastiques durant tout un long week end, non sans avoir au préalable été séparé de ma répréhensible et pécheresse accompagnatrice.
Il fallait préserver ainsi que prévenir mon âme, et la sienne, de toute préalable tentation de la chair …
La nuit, si nuit il y eut, elle fut courte, car dès 4 heures du matin, les « vigiles » sonnèrent pour tout ce sinistre équipement de Dieu.
A jeun, la gueule de travers et l’esprit si loin du tout puissant et si proche de mon postérieur, j’ai été tiré, par la cloche, de ma paillasse monacale.
Les frères, si peu charitables, nous encourageaient à méditer avec eux, par – 15°, dans la sombre chapelle encore toute plongée dans les ténèbres de la nuit.
Les espaces étaient aussi noirs que mon âme, tandis que le gel qui y régnait mes faisait regretter les enfers bouillonnants si bien narrés dans les saintes écritures.
Mais que diable j’étais donc venu faire dans cette galère mystique ?
Guère de grasse matinée ultérieurement.
Dès « laudes », c'est-à-dire 7 heures du matin, j’ai pu, enfin partager avec les autres pécheurs, un « copieux » petit déjeuner constitué d’un bol de café au lait et d’une tranche de pain rassis avec le beurre qui avait une arrière saveur de yack himalayen tout corrompu.
Fut ensuite le temps de « tierce », 9 heures.
Le temps de sortir du réfectoire pour attaquer les déambulations extérieures à la faveur des cloitres glacials ou glaciaux, c’est selon.
Histoire aussi de tourner en rond afin de terminer ma nuit, tout en donnant le change de méditer sur ma bien mortelle et endormie condition.
Une noria infernale, dans laquelle le moindre pas avait des allures d’hallucinant supplice.
A « sexte » (et non sexe, hélas ! J’étais là pour une cure de détox, et non pas pour les agréments de la vie), ce fut, enfin, le moment du déjeuner.
Pas de complexe.
Les chartreux sont à l’origine de la fameuse liqueur du même nom, un diabolique breuvage mélangeant quelque 130 plantes différentes et dont la recette est jalousement gardée au monastère.
Je me demande bien qui pourrait convoiter cette formule aux procédés dignes d’un alchimiste.
Un immonde « tord boyaux » à vous couper l’appétit et les jambes.
Mais que fait la DDCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) ?
C’est clair, je n’allais pas retomber dans l’un des répréhensibles sept péchés capitaux : la Gula (latin), la gourmandise, ou plutôt gloutonnerie …
Vers « none », 14h15 tapantes, une excursion fut enfin organisée hors les murs de la Chartreuse, histoire d’aller visiter la Correrie qui servait autrefois pour les frères malades et qui ne pouvaient plus respecter la dure règle du monastère.
A croire que les affres de la maladie étaient déjà à l’époque et de loin, préférables à la vie insensée, intra muros, du monastère.
Et cela subsistait depuis le XIe siècle ….
Virent ensuite les « vêpres », 17h00 et la tombée de la nuit bien propice pour réintégrer, à pied et dans la pénitence, le monastère.
Quarante cinq minutes par des chemins forestiers, aux dénivèlements mortifères et dans des chemins enneigés à te frigorifier un Yeti.
Qu’elle fût belle ensuite la récompense une fois arrivée à l’abbaye : la participation enthousiaste, volontaire et à jeun de la dernière prière de la journée avant le bol de soupe chaude et ses deux tranches de pain, précédant fatalement la retraite dans une cellule à la décoration spartiate et au crucifix démesuré que j’ai utilisé en guise de porte-manteaux.
Mort de faim, de fatigue et en hypothermie, je me suis secrètement surpris à rêver d’un bon jacuzzi et d’une virée en ville afin de renouer avec la (vraie) existence, me relaxer et, qui sait, atteindre aussi une certaine sagesse bien égarée durant ce bien trop long week end monastique consacré à la méditation et qui, à défaut de m’avoir (un peu) soulagé les bourses, m’a totalement vidangé l’esprit.
Dieu, qu'elle est dure la rédemption.
Un
rapide regard au calendrier suffit pour jeter un froid dans mes veines.
Ca y est, nous y sommes.
Les vacances de février sont imminentes.
Et qui dit vacances de février dit, implicitement : sports d’hiver.
Qui n’a pas déjà frissonné à l’idée, ou au souvenir, de l’horrible corvée qui nous attend lors de ces redoutables vacances à la montagne enneigée. Si loin de la ville, si loin de tout.
Souvenez vous votre dernière location du chalet à la décoration si classique (il faudrait vraiment que Philippe Starck s’intéresse un jour aux chalets de montagne) : tous ces meubles horribles en sapin brut (brut signifie qu’il n’y a pas eu de ponçage et qu’après avoir passé la totalité des vacances à enlever les échardes de mes mains, je me suis senti obligé à garder les moufles à l’intérieur).
Sur le mur du "salon“ est accroché un cadre entourant une photo d’arbre mort au milieu d’un paysage
recouvert par la neige. La déprime quoi. Un chalet qui est également pourvu d’une kitchenette tout-équipée : évier, robinet avec eau froide et, de temps en temps, chaude. Des placards éventrées, poubelle toute pourrie, etc. Pour se laver, on dispose d’un tuyau avec de l’eau froide et, épisodiquement, tiède. Pour dormir, l’on bénéficie d’une literie digne de Guantanamo.
Quand on pense à tout ce qu’il faut traverser comme épreuves pour descendre une piste de ski, on se dit parfois qu’il vaudrait mieux pratiquer le billard.
Souvenez-vous la dernière fois que vous êtes partis au ski.
Après avoir passé 10 heures dans les bouchons autoroutiers nord/sud/est, vous étiez pourtant contents d’arriver dans votre « coquet chalet aux pieds des pistes avec vue sur la
montagne »…..
Espèce de naze naïf, va !
Le lendemain, après une nuit blanche passée sur un matelas en bois naturel, vous avez du vous lever tôt
pour faire la queue aux inscriptions pour les cours de ski (hors de prix), puis 30 minutes de queue pour la location des skis (hors de prix), puis enfin 1 heure de queue pour les forfaits (hors
de prix).
Jour +1, il est midi et vous êtes déjà sur les rotules !
Au propre comme au figuré.
C’est quand qu’on rentre ?
Mon dieu, il faut maintenant songer à nourrir sa famille, les amis, bref, les autres. "The Others" ...
Après ces dépenses somptuaires, je me suis dit que de simples sandwiches feraient l’affaire : deux paninis et 4 hots dogs = 80 € !
Mâchez lentement svp, les enfants : faites durer ce – cher - plaisir. Pourtant, la véritable épreuve démarre l’après midi.
Vous devez prendre votre voiture pour amener les plus petits, les vôtres et les autres, au « Jardin des Nains, oups pardon, des Neiges » à
3,6 km de votre logement puis revenir à fond les manettes pour déposer le deuxième groupe des plus grands au cours des débutants. Finalement, cela vous laisse 45 minutes pour skier (vous enlevez
30 minutes passées sur les remontées mécaniques et vous réalisez que vous avez passé 15 minutes sur vos spatules toutes pourries). Le soir ? Vous douchez tout le monde, vous y compris, vous
reprenez votre voiture et vous allez faire des courses.
Nouveau coup de spatule sur la tête ! C’est lorsque vous constatez les prix de la superette du coin.
Aujourd’hui encore je soupçonne les montagnards de
fonctionner encore en francs.
Le beurre est un article de luxe vendu dans des celliers fermés à double clef, quant à la viande, ce n’est pas la peine d’y penser : les bouchers se font livrer par la
Brink’s.
J’ai bien essayé de chasser le légendaire dahu, mais je n’ai rien attrapé à part une angine.
Le soir, on se morfond à regarder France 3 Alpes du Sud, puis France 3 National (seule chaîne que l’on capte vraiment bien).
A 21h00 tout le monde, enfants y compris, me couchent tellement je suis brisé.
On se dit de tenir bon. On est des héros.
Mon retour à Paris se fera par les Camps Elysées privatisés rien que pour moi, avec passage obligé sous l’Arc du Triomphe, sous une pluie de confettis et sous les notes de la fanfare nationale de
la Garde Républicaine. Le Maire lui-même, ainsi que le Préfet et l’ensemble des membres des deux chambres parlementaires seront là, sur une estrade dressée sur la Place de la Concorde, tandis que
le Président lui même (ou sa femme, qu’importe), prononcera son plus beau discours sur “la capacité de résistance de l’homme face
aux éléments" ou encore sur « la bravitude et le courage de l’homme qui se sacrifie pour la collectivité ».
Jour +2, ce n’était qu’un rêve, hélas.
Je me réveille de ma livide et chiche sieste tout endoloris de mes nouvelles courbatures généralisées.
On vient, exprès et cruellement de me réveiller pour aller préparer le dîner pour tout le monde : au menu, pâtes au ketchup. Vous l'avez bien cherché ! (j’en ai trouvé à 53 € le kilo !
C’est donné !).
Les amis et les enfants vont râler et me lancer des insultes mais je tiendrai. Je tiendrai car il le faut… Je resterai debout, seul, au milieu des ordures et du linge sale mais je ne craquerai
pas car… je suis un super héros aux spatules aux pieds et à la combi fluo qui me sert désormais de pyjama car ça caille à mort dans ce maudit chalet !…
Je hais la montagne !
J’ai beau me dire que désormais les fêtes sont
derrière moi, il n’empêche : j’ai les boules !
Dans mon entourage je ne vois que des détériorations, dégâts, ravages, dommages, ruines, déchéances et autres dévastations !
C’est en tout cas ce que les ami(e)s et collègues en on l’air.
Comment faire donc une croix sur tout ce qui a été bon pendant les fêtes : l’alcool, les graisses, le tabac ?
Après tant d’allégresse voici venu le temps de la déprime, des infusions, des fades soupes de pois cassés et autres potions drainantes.
Rien qu’à m’imaginer à quel point mon côlon sera heureux à un tel régime de détox, je tombe en asthénie.
Mais bon, je ne suis pas le seul.
Vous aussi, n’est ce pas, vous retrouvez aujourd’hui avec le foie d’Amy Winehouse et le taux de cholestérol de Maïté ?
Vous aussi les derniers repas de famille vous on collé le moral d’un François Fillon au lendemain d’un remaniement du gouvernement, hein ?
Sans oublier un compte bancaire en dessous du PIB du Mozambique et on a plus qu’aller se pendre avec l’écharpe tricotée par la grande tante Gisèle.
Bref, l’esprit de Noël nous a laissé une sacrée gueule de bois et, à coup sur, vous avez songé sérieusement à vous coller la tête dans un sac à
sapin...
Bienvenus au club !
Quoi faire donc pour retrouver le spleen d’antan ?
Faire comme les stars camées d’Hollywood et songer peut-être à une sérieuse retraite de désintox dans une institution spécialisée hyper chère et très « up to date » et à l'abri des paparazzi ?
A méditer, car ce teint cireux, cette haleine fétide, ce regard vague c’est bien vous et moi aux lendemains de bombance et non pas l’imagerie médicale de la dernière coloscopie de pépé.
Trop de bulles, trop de chocolats, drop de dinde et de chapon farcis aux marrons ont eu raison de ma (et pas la votre) jadis engageante allure de moniteur de tennis.
Et que dire de mon découvert bancaire qui a explosé ?
En effet ce fut dès le 15 décembre que j’ai tout pété : mon PEL, mon treizième mois, etc.
Alors fatalement mon banquier a lancé un véritable « contrat » sur ma tête.
C’est fou ce qu’il y a de siciliens en ce moment qui traînent dans mon quartier … Va falloir que je me méfie : « Capisci » ?
C’est promis, je vais demander au juge d’engager une procédure de mise sous tutelle, d’autant plus que les soldes on bien démarré en ce moment.
On le sait, la vie est une chienne.
Va falloir aussi mettre un holà à ces petits merdeux tout plein de morve.
Des cadeaux, du pognon des grands parents, des
jeux vidéo, des programmes télé rien que pour eux… Noël pour les mômes c’est un peu comme pour moi, durant l’année, les happy hours : la teuf !
Pourris gâtes pendant un bon mois, vos affreux lardons se sont métamorphosés en petits tyrans absolutistes.
Je vais leur donner moi la révolution dans la gueule, et vite rétablir la démocratie dans le foyer.
A moi de leur expliquer ce qui est arrivé à Saddam Hussein ou autres Hitler.
En principe ça devrait se révéler efficace et si ça ne suffit pas, je vais m’efforcer de laisser trainer, bien en vue, un exemplaire de : « L’enfant qui
vivait dans un placard et qui ne mangeait que de la soupe aux épinards et aux haricots verts ».
Normalement, ça calme.
Et pour ce qui concerne mes résolutions 2009, c’est officiel : je n’aime plus les gens.
J’ai commencé dès le 1er janvier à 00h01 tapante. La toute première personne qui m’a souhaité la bonne année a très, très mal commencé la sienne !
Je me suis efforcé de me brouiller avec toute la famille et l’ensemble de mon entourage.
Au bureau désormais tous les collègues, toute la direction générale cordialement me détestent.
Excellent, j’ai enfin la paix !
Comme pour la bouffe je vais faire une diète de tous ces casse-pieds.
J’ai débranché mon téléphone, refusé fermement toute invitation à la galette des rois, de toute façon la frangipane c’est immonde.
Je vis retiré, isolé, solitaire, écarté, éloigné, distant et détourné de tout.
Survivre donc, coûte-que-coûte.
Bref, je m’emmerde à longueur de journée !
Je vais ainsi avoir tout le loisir de faire le point.
Pour avoir tout le plaisir, bien ultérieurement, de renouer ensuite avec mes proches.
Peut-être … !
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