L'infâme couverture et la prairie qui va avec

Publié le par Désherbant

couverture-copie-1.jpgJe n'ai jamais vraiment compris l'axiome qui décrète - sans appel - l'affolante imbécillité des campagnards, comme si, pour habiter à la campagne, il fallait disposer d'un véritable « savoir-être » de ringard.

La musique folk, la vie country, les prairies qui vont avec ce style de vie ainsi que la boue bien grasse qui colle aux semelles. Pour une vie à la con, rarement on saurait réunir une si vaste est complète panoplie d'aliénant savoir-faire.

L'artisanat rural a toujours su éveiller en moi une sorte d'angoisse aussi durable qu'effroyable.

Pourquoi donc la cuillère en bois sculpté, le chausse pieds en corne de vache, le tire-bouchon en pied-de-vigne, le « range-merdasses » en paille tressée ou alors en osier, le poncho bariolé (mal) tricoté maison, la couverture patchwork et autres sabots ouvragés à la main, m'ont toujours effrayé.

C'est peut être du à la nature même de ces produits à la con. Leur origine : végétale, animale, minérale, se targuerait de présenter un objet à la théorique fonctionnalité quotidienne mais qui dans la réalité est inutilisable. Un leurre donc. Ou plus simplement de la pure supercherie, de la mystification et de l'imposture.

Un faux objet qui ne sert à rien et qui véhicule un - faux - postulat d'authenticité et de - vaine - tradition. Manufacturé par un tout aussi faux artisan lequel illustre, par sa production, à quel point il méprise le client (citadin) à qui il voue la vente de son objet.

Notre artisan rural pense-t-il à ce point que l'acheteur a à ce point des goûts de chiottes ?  Imagine-t-il qu'il va vraiment acheter et donc apprécier, sa belle et infâme merdasse produite entre deux cueillettes de patates dans la prairie et la traite quotidienne des bovins de son étable ?

Une production passéiste qui insulte la modernité, le design, l'ergonomie, le process R&D lequel permet à chaque authentique entreprise l'innovation et le développement.

Où se situe donc cette innovation dans l'indicible « production locale » plus haut illustrée et que j'ai pu observer en pleine exposition (séchage ?) avec, pour tout décor, les barbelés qui délimitent les pourtours d'une prairie où des ovins broutent un pâturage épars à te déprimer un boeuf ?

Cela ressentait la frustration des anciennes grands-mères agrestes qui y mettaient tout leur désespoir de leurs vaines vies à tricoter des gigantesques et immondes couvertures qui étaient jadis confectionnées avec les restes de laine.  Ces couvertures ensuite avaient pour seule vocation de se détendre, se découdre, se plucher, se délaver de ses couleurs d'origines. Elles finissaient implacablement en tapis pour chien dans la voiture. Ou alors pour les tous petits enfants à qui immanquablement la laine grattait la peau ou alors qui finissaient bien, sans trop connaître la théorie des couleurs exprimée par Goethe, de baver sur la couture verte, tirer sur le fil jaune, vomir sur un carré rose, faire pipi sur un bleu, quand ce n'était pas de vidanger leurs intestins malmenés sur un carré orange.

Des couvertures qui au bout d'un certain temps terminaient au lavage salvateur à 60° permettant, enfin,  le rétrécissement des fibres naturelles jusqu'à la disparition de l'objet cauchemardesque.

Et dire qu'il y a encore des parents à la con, qui croient, ces imbéciles, que ces doudous improbables et infects permettent une croissance épanouie à leur progéniture. Forcement ! Car, comme l'affirme un bien rural adage populaire : « Ce qui ne tue pas, nous rend plus forts » ... Tout un programme.

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CRESPO 27/08/2009 18:58

Donne moi tout ce qu'il faut pour t'en faire une bannière et je te la fait.Au plaisir de te lire

Désherbant 28/08/2009 13:50


Merci pour ta proposition d'aide bien sympathique.
J'ai peu d'inspiration. Il me faudrait avoir la même créativité que toi, l'ami Crespo.
N'hésites pas à proposer. On finira bien pour trouver.
A bientôt
:-)


CRESPO 27/08/2009 18:58

Donne moi tout ce qu'il faut pour t'en faire une bannière et je te la fait.Au plaisir de te lire

Désherbant 28/08/2009 13:48


.. Tu faire des propositions l'Ami Crespo. Après tout : c'est toi l'artiste, n'est ce pas ?
;-)


Muad' Dib :0085: 25/02/2008 21:27

Coucou Désherbant, je n'ose te demander si tu es allé faire un tour au salon de l'agriculture avant d'écrire ton article ...Bonne soirée,

:0010: Handi@dy :0117: 20/02/2008 18:06

Il existe donc un plouc-trash. Ou plouc-kitsch (pléonasme). Lol! La couverture est une injure à l'harmonie des couleurs, on aurait préféré un pull-serpillière distendu de couleur unie...C'est vrai, quand on y pense, la ruralité de bazar qui se retrouve dans les lofts de Paris etc, c'est effrayant. Ca m'évoque les coucous suisses, pas les vrais rustiques, d'origine, mais les faux, imitations, de bois ou de plastoche... Navrant. Déjà les vrais, mais alors les faux pfff! Et les fers à cheval en déco dans un appart citadin, en plastique peint... Au secours! Artisanat, c'est souvent tout ce qu'on trouve à la campagne. L'art est ailleurs (pas le lard par contre) , le paysan n'est qu'exceptionnellement artiste, pour lui c'est un vice, de l'oisiveté, il n'a pas le temps de créer! Je promets de ne pas assembler mes chutes de laine! LOL! BIZ

liza 20/02/2008 16:22

L'artisanat rural, tel que tu le décris, et non sans humour, me déplaît quand il est "maltapropos" - c'est à dire - le poncho Mexicain porté dans la Campagne Beauceronne - le dessus de lit en boutis Provençal avec abeilles incorporés au beau milieu du châlet savoyard - l'appartement avec le poêle à bois - vraI faux Godin - dans un loft de Montreuil et j'en passe et des meilleures - toute cette géographie déglinguée d'un retour à "l'esprit campagne" orchestré par des magazines à la mode de Paris ...
lizagrece