Un Salon, des Salons.

Publié le par Désherbant

SIA2007.jpgSi jadis, au siècle des lumières et des encyclopédistes le « Salon » était un espace dans lequel les conversations raffinées, les échanges, les dissertations, l'éloquence, la verve, l'esprit, la volubilité, la philosophie et autres charmantes aménités de la rhétorique pouvaient s'épanouir, le piètre Salon de l'Agriculture aujourd'hui parait, tout à l'opposé, représenter un lieu, où l'on s' injure, on s'offense, on s'agresse et où l'on se déteste.

J'y étais ! Je peux en témoigner.

Un peu au retrait pour ne pas subir le piétinement des « bovins » lancés, tels de courtisans, dans le sillage du prince, je l'ai échappée belle.

Est-ce la présence d'autant d'animaux de la ferme, de produits de la ferme, de ruraux (plus ou moins authentiques) de la ferme, des odeurs de la ferme et du savoir vivre de la ferme, que d'irrépréhensibles dérapages verbaux d'une part et comportementaux d'autre part (l'insulte fusant après le geste de rejet, si peu républicain, de serrer la main de l'autorité avec laquelle visiblement on ne partage ni les valeurs, ni les idées), paraissent aujourd'hui, dans cette nouvelle « gouvernance », s'ériger comme seuls vecteurs de communication (ou plutôt de non-communication) possible entre pouvoir et administrés.

Hélas, comme nous sommes loin, dans ce nouveau millésime 2008 du « Salon de l'Agriculture » de l'authentique et raffiné salon d'antan.

Une pièce d'un appartement ou d'une maison destinée à recevoir les visiteurs, les hôtes. Et où la société mondaine de jadis réunissait les personnalités des lettres, des arts, et de la politique qui particulièrement, au XVIIe et au XVIIIe, brillaient pour leur esprit et pour leur art de savoir vivre ... Ces salons là, n'en déplaise à notre agriculture contemporaine, eurent une influence capitale sur l'évolution des (bonnes) manières et du goût. Il virent  les nouvelles idées philosophiques, érigées en projet pour toute une société, trouver dans ces  lieux leur essor, leur épanouissement ainsi que leur diffusion dans toute la collectivité.

Or,  les revoilà revenus en force ces « grotesques » autrefois illustrés avec grâce par Molière.

Les Bourgeois Gentilhommes, les Madame,Pernelle, les Tartuffe et autres Mr. de Jourdain, n'ont qu'à bien se tenir.

Car voici des dialogues choisis et fort bien scénarisés pour cette nouvelle farce burlesque.

Deux personnages principaux :

- Badaud d'un certain âge à lunettes,

- N.S. nouveau Grand Seigneur de l'état

Entourés d'animaux de la ferme les plus variés, de journalistes et de hautes personnalités de la société civile et militaire :

 

Badaud : « Ah non, touche-moi pas »

N.S nouveau Grand Seigneur de l'état : « Casse-toi alors »

Badaud : «  Tu me salis »

N.S. nouveau Grand Seigneur de l'état : «  Casse-toi alors, pauvre con ! »

 

Rideau.

 

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d'éli cieux 05/03/2008 11:11

j'aime beaucoup ta manière de présenter ce fait triste, désespérant...beaucoup d'humour qui me fait du bien !à un autre jour !

LUCQUIAUD 29/02/2008 11:36

Merci de ton passage Desherbant ... Pour répondre à ta question  devant te  permettre de localiser le pays Mirebalais  , je fais référence à l'article ci-dessous : http://www.mirebalais.net/article-3224652.htmlBien le bonjour  Amicalement Farfadet

:0010: Handi@dy :0079: 28/02/2008 19:00

Affligeante, Sa Seigneurie! Aucun humour. Le grand jacquot manque du coup (le comble!), il savait flatter le cul des vaches et répondre avec entrain, quand on le traitait de "CONNARD!", "ENCHANTE, JACQUES CHIRAC!" Ahhhhhhhhhhh, tout se perd mon bon monsieur! Le savoir-être, le savoir-vivre, la morale, l'éthique... Mais était-ce vraiment mieux avant... @mitiés!

LUCQUIAUD 27/02/2008 17:06

Les nouvelles fourberies d'escarpins ... très classe !... A moins que ce soit un nouvel intitulé :"Les vannes ... ça vente ! ..." Des mots lierres ... s'accrochent aux rats mots ... Bine le bonjour du Farfadet ...

Bettina 27/02/2008 16:53

Bien vu...les salons de l'Elysée ne sont effectivement plus ce qu'ils étaientBien à toiBelle plume en attendant