Bébé con carne

Publié le par Désherbant

 

bb-cong-l-.jpgNos amis les culs terreux ne s’arrentent jamais dans leur effort insensé de faire progresser le débat dans la société.

En plein controverse et contestation autour la thématique de la vie chère et du pouvoir d’achat, quelques semaines à peine la clôture du salon de l’agriculture millésime  2008 : « Casse-toi, pauvre con », et à quelque jours à peine de la toute récente contamination de lots de viande hachée par la bactérie Escherichia coli et mise en vente par  quelques grandes enseignes de la distribution alimentaire, voici qu’un nouvel épisode abasourdissant s’impose aujourd'hui à nous grâce à  la rubrique abominable des faits divers des nos vertes campagne.

Les occupants permanents et ruraux de nos agrestes contrées seraient en train de péter les boulons?  Perdre toute relation avec le tangible  et la morale ?

L’isolement de ces territoires enclavés présiderait-il  à une déstructuration sociale ou sociétale qui exonérait  tout individu rural de sa relation avec  l’éthique, la rationalité, la hiérarchisation de normes comportementales qui illustreraient son appartenance, en tant qu’individu, à une collectivité humaine évoluant dans ce XXIe siècle et où l’humanité est  rentrée depuis une petite dizaine d’années déjà ?

Je peine à le croire car, au saut du lit hier matin, enthousiaste et prêt que j’étais à affronter les affres de l’urbanité active qui caractérise mon environnement de vie, voici que les premières informations que la radio m’assène - entre ma bolée de café au lait et ma tartine briochée - grillée - dorée matinale -  (et qui constituent mon premier acte civique de sustentation  douce de la journée), viennent à enregistrer - déjà - mon premier et matinal écœurement horrifié et profond dégout pour l’espèce humaine.

Une répugnance sans limites, spécifique à cette infâme ruralité aux mœurs d’un autre âge  venait alors  s'emparer de moi.

Nan, décidement ce matin là, je n’aurai pas le droit, comme chantait l’autre, à un « déjeuner en paix », car je venais d’apprendre que le corps d’un nouveau-né venait d’être  découvert dans le congélateur d'une maison d'un village rural des Côtes-d'Armor.

La petite fille, née viable, a été découverte lundi matin par son grand-père dans le congélateur d’un  couple de villageois âgés - à peine - d'une trentaine d'années.

L'autopsie du petit corps, réalisée mardi, venait de révéler  des traces de coups et de strangulation et que la mort était liée à une "manifestation externe humaine" … (sic) …

Ce couple macabre, était  déjà géniteur de deux enfants de 3 et 5 ans.

Néanmoins ces sinistres barbares auraient été  interpellés lundi soir par les gendarmes à leur retour d’un paisible  et ordinaire week-end pascal avant d'être placés en garde à vue...

La femme suspecte a reconnu lors de son interrogatoire avoir accouché en juillet dernier de cet enfant, mais assuré ne plus se souvenir de ce qui s'est passé ensuite.

Son mari, maréchal-ferrant, a déclaré  de son côté qu'il ignorait la grossesse de sa femme.

Dans mon esprit, à l’écoute de toutes ces stupéfiantes révélations, je me suis posé tout simplement l’interrogation de comment cela pouvait tout simplement être possible et vraisemblable.

Compatissant, je m’efforçais cependant de me répéter qu’il y a des choses qui subsistent et qui se passent dans nos campagnes que le humble citadin que je suis ne peut guère appréhender …

 

Livide d’horreur, je me suis consolé comme j’ai pu en apprenant que les suites judiciaires de cette affaire bien rurale devraient être décidées dans les prochains jours après saisine du pôle d'instruction de Saint-Brieuc. Voilà qui était bien rassurant...

Redéposant la bouteille de lait que je ne pouvais plus consommer dans mon frigo à moi j'ai pu  observer les barquettes de viande labellisée et bio qui constituent mes personnels et indispensables stocks alimentaires citadins.  Je ne pouvais guère ne pas me remémorer que cette nouvelle affaire, la quatrième de ce type mise au jour en deux ans en France, intervient un an et demi après l'affaire des époux Courjault.

Deux autres  bébés avaient alors été retrouvés dans un congélateur de ce couple et où la mère, encore, avait été renvoyée en mars dernier devant les assises.

Durant la journée la presse écrite m’apprenait que les psychologues parlent dans ces dossiers d'un phénomène psychologique de "déni de grossesse", qui serait relativement courant et par lequel la mère refuserait l'idée d'être enceinte, au point d’en cacher son état à son entourage.
Le meurtre des nouveau-nés est une issue possible de ce syndrome et il semblerait fréquent que le père ne soit conscient de rien, dixint les psychologues patentés qui suivent, comme chaque à fois, et avec quelle compétence, n'est ce pas ? de près ces dossiers en qualité d’experts.

Des pères qui n'en savent rien .... et ce malgré les grands efforts enregistrés depuis quelques années par l’industrie agroalimentaire en matière de traçabilité de la viande.

Je venais ainsi de découvrir, pour mon plus grand ébahissement,  qu’il y a toujours quelqu’un quelque part,  un pauvre type d’ailleurs, ou un « pauvre con »  qui n’est toujours pas au courant de ce que sa femme stocke dans le frigo familial …
Ruralité, quand tu nous tiens ….

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Manegat 14/08/2008 16:26

Cher blogueurJe pense que vous parlez de la porcherie qui JOUXTE le salon. Même si le lisier repand une odeur nauséabonde, ce n'est pas pire que des personnes non douchés dans le métro parisien par forte chaleur, et je précise le matin ! Votre détestation de la campagne égale la mienne pour la vie citadine.

Curieuse 28/03/2008 11:05

Encore une fois, cela nous démontre bien que les mecs ne foutent rien à la maison.... Mdr... Ils pourraient nettoyer le frigo et vérifier les dates de péremption de la viande de temps en temps non ?

liza 27/03/2008 14:28

Le déni de grossesse n'est pas lié à la ruralité ! C'est un phénomène psychologique qui s'observe dans toutes les classes de la société et pour des raisons diverses. Seulement le progès a envahi les campagnes et les moindres villageois sont aujourd'hui équipés de congélateurs ... Au 19e siècle, voire au début du 20e on abandonnait les nourrissons indésirables aux portes de églises - en ville ou en campagne ...Ce qui n'a pas changé c'est que les "maris" ne soient pas inquiétés et n'ont même vu que leur compagne semblait présenter des symptômes de grossesse ... Alors a je ne peux le croire ! LIZAGRECE