Austères Monastères

Publié le par Désherbant

C’est clair, depuis la période, à peine révolue, de bombances et des dépenses, j’éprouvais le pieu désir de réhabilitation spirituelle. Une sorte de repentance en somme. Entre le detox et la  résipiscence. Le tout puissant saurait en tenir compte … un jour, hein ?

Avec une amie, à l’âme tout aussi chargée que la mienne, nous décidâmes d’une petite retraite - il fallait bien expier, n’est ce pas ? – pour remettre les pendules à l’heure.

A nous donc les Chartreuses reculées et, si possibles, loin de tout. Au sommet des alpages si possible, car plus proches du créateur.

Parvenus enfin au monastère de notre choix, j’ai été surpris de constater que les moines chartreux bâtisseurs du haut moyen âge, eurent un très bon goût en choisissant le site, bien propice au recueillement et à la méditation. Bref : un authéntique trou du cul du monde.

1000 ans après, rien n’avait changé dans les alentours.

Dès mon arrivée j’ai su tout de suite que j’allais en baver. Aux pénitents de mon acabit on n’allait pas faire des cadeaux !
Sus aux contrits !

J’allais vivre aux rythme des heures monastiques durant tout un long week end, non sans avoir au préalable été séparé de ma répréhensible et pécheresse accompagnatrice.

Il fallait préserver ainsi que  prévenir mon âme, et la sienne, de toute préalable tentation de la chair …

La nuit, si nuit il y eut, elle fut courte, car dès 4 heures du matin, les « vigiles » sonnèrent pour tout ce sinistre équipement de Dieu.

A jeun, la gueule de travers et l’esprit si loin du tout puissant et si proche de mon postérieur, j’ai été tiré, par la cloche,  de ma paillasse monacale.

Les frères, si peu charitables, nous encourageaient  à méditer avec eux, par – 15°,  dans la sombre chapelle encore toute plongée dans les ténèbres de la nuit.

Les espaces étaient aussi noirs que mon âme,  tandis que le gel  qui y régnait mes faisait regretter les enfers bouillonnants si bien narrés dans les saintes écritures.

Mais que diable j’étais donc venu faire dans cette galère mystique ?

Guère de grasse matinée ultérieurement.

Dès « laudes », c'est-à-dire 7 heures du matin, j’ai pu, enfin partager avec les autres pécheurs, un « copieux » petit déjeuner constitué d’un bol de café au lait et d’une tranche de pain rassis avec le beurre qui avait une arrière saveur de yack himalayen tout corrompu.

Fut ensuite le temps de « tierce », 9 heures.

Le temps de sortir du réfectoire pour attaquer les déambulations extérieures à la faveur des cloitres glacials ou glaciaux, c’est selon.

Histoire aussi de tourner en rond afin de terminer ma nuit, tout en donnant le change de méditer sur ma bien mortelle et endormie condition.

Une noria infernale, dans laquelle le moindre pas avait des allures d’hallucinant supplice.

A « sexte » (et non sexe, hélas ! J’étais là pour une cure de détox, et non pas pour les agréments de la vie), ce fut, enfin, le moment du déjeuner.

Pas de complexe.

Les chartreux sont à l’origine de la fameuse liqueur du même nom, un diabolique breuvage  mélangeant quelque 130 plantes différentes et dont la recette est jalousement gardée au monastère.

Je me demande bien qui pourrait convoiter cette formule aux procédés dignes d’un alchimiste.

Un immonde « tord boyaux » à vous couper l’appétit et les jambes.

Mais que fait la DDCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) ?

C’est clair, je n’allais pas retomber dans l’un des répréhensibles sept péchés capitaux : la Gula (latin), la gourmandise, ou plutôt gloutonnerie …

Vers « none », 14h15 tapantes, une excursion fut enfin organisée hors les murs de la Chartreuse, histoire d’aller visiter la Correrie qui servait autrefois pour les frères malades et qui ne pouvaient plus respecter la dure règle du monastère.

A croire que les affres de la maladie étaient déjà à l’époque et de loin,  préférables à la vie insensée, intra muros, du monastère.

Et cela subsistait depuis le XIe siècle ….

Virent ensuite les « vêpres », 17h00 et la tombée de la nuit bien propice pour réintégrer, à pied et dans la pénitence, le monastère.

Quarante cinq minutes par des chemins forestiers, aux dénivèlements mortifères  et dans des chemins enneigés à te frigorifier un Yeti.

Qu’elle fût belle ensuite la récompense une fois arrivée à l’abbaye : la participation enthousiaste, volontaire et à jeun de la dernière prière de la journée avant le bol de soupe chaude et ses deux tranches de pain, précédant fatalement la retraite dans une cellule à la décoration spartiate et au crucifix démesuré que j’ai utilisé en guise de porte-manteaux.

 Mort de faim, de fatigue et en hypothermie, je me suis secrètement surpris à rêver d’un bon jacuzzi et d’une virée en ville afin de renouer avec la (vraie) existence, me relaxer et, qui sait, atteindre aussi une certaine sagesse bien égarée durant ce bien trop long week end monastique consacré à la méditation et qui, à défaut de m’avoir (un peu) soulagé les bourses, m’a totalement vidangé l’esprit.

Dieu, qu'elle est dure la rédemption.

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Laglesine 24/02/2009 20:37

C'est certain ;)

Désherbant 25/02/2009 11:19


Sourire.
Nous ... tombons d'accord donc.
;-)
:0010:


Laglesine 24/02/2009 13:18

Quelle idée aussi... o_OIl a des "retraites" qui sont beaucoup plus douillettes !

Désherbant 24/02/2009 15:30



La foi (ou le foie) emprunte  parfois des chemins … impénétrables


Qui existent seulement dans la nature …


;-)


Amen …
:0010:



Louly cot cot cot !!! :0091: :0075: 18/02/2009 13:25

bisous

Désherbant 20/02/2009 17:28


Bonjour la "Cocotte".
très sympa ta petite carte ci dessous.
Je vois que tu ambitionnait vraiment de me faire plaisir, n'est ce pas ?
Lol !
Allez : biz qq mm.
:0010:


Handi@dy :0016: jaccede.com 16/02/2009 20:44

Rhoooô que c'est bôôô l'amour! :0010:

Désherbant 17/02/2009 11:04


... Sourire.
Yes ! Et ça tient chaud l'hiver ...
Vive l'amour ... durable donc ... C'est bien et bon pour la ...planète.
Biz:0010:


isabelle 16/02/2009 01:46

c'est beau la foi !!!! rire

Désherbant 16/02/2009 15:01


... Tandis que le foie c'est répugnant ... !
Lol.
Merci Isabelle de ta venue par ici.
A fort bientôt j'espère.
Biz;-)