Mariage à la campagne - 2 - (Suite et fin)

Publié le par Désherbant

...Vint enfin le week-end tant attendu. Malgré l’effet morose de cet hiver champêtre qui glaçait ces contrées par un ciel  bien chargé en nimbus qui préfiguraient  l’imminence de fortes chutes de neige dans la région, je dois en convenir qu’elle était vraiment ravissante : Marie-Cécile, Philomène, Annélide. La future mariée.

Elle avait assurément l’air d’une authentique princesse, malgré son plus amoindri titre de jeune petite marquise.

Jeune elle l’était, blonde, svelte, d’un charme foudroyant : aussi et, de surcroit,  espiègle. Elle ambitionnait en ce jour, comme toutes les ordinaires mariées de ce bas monde,  humilier, par son bonheur, son éclat et sa grâce, ses amies les plus proches. Ah, les filles … toutes pareilles.

Un petit moment exquis de fraicheur, à coté de ce froid rassemblement des nobles raides et vieux croulants. Ils faisaient  passer la nuit des morts vivants, par une aimable comédie sentimentale.

Comment vous exprimer l’envie de fuir le plus loin possible qui me prit en ce moment précis… « Oh ! Bien ravi, mon cher Monsieur…  Mes hommages, Madame » … J’étais piégé désormais. Nulle retraite stratégique n’était plus envisageable. Coincé, vous dis-je.

Mais fi de tout ça. J’étais le témoin du marié et de surcroit. son ami. Hummm... Il fallait tenir. « Cum ungibus et rostro ».
Et puis, pensais-je, malgré les différences linguistiques, j’étais un peu parmi les miens, n’est pas ? Courage donc. Ne fuyons guère. Faisons donc face.

En voyant mon ami d’antan voltiger poussivement à droite et à gauche, brassant un volume incalculable d’air autour de lui  pour une efficacité discutable, je me suis bizarrement surpris d'éprouver  du contentement pour sa condition. Après tout, il était bien JAF au tribunal de Paris, n’est ce pas ?  Il n’avait  donc nul souci à se faire si, ultérieurement, il serait d'aventure lourdé  par sa belle famille et un divorce se relèverait nécessaire. Il était en première ligne pour bien ordonnancer son affaire. Nulle crainte pour lui donc. Je pouvais poursuivre, l’âme légère, vers l’autel de la capelle familiale de Marie-Cécile, Philomène, Annélide. 

La marche nuptiale pouvait enfin retentir depuis cet antique et vermoulu clavecin tout exprès déplacé depuis l’auguste logis mitoyen vers cette austère chapelle de famille.

Tiens justement, la mariée. La voilà donc Marie-Cécile, Philomène, Annélide escortée par M. le Marquis père.  J’avais quant à moi ouïs dire qu’elle  bénéficierait d’au moins quatre ou six Demoiselles d’Honneur, n’est ce pas ?

Si toutes avaient sa grâce et sa beauté, le week-end, peut être, n’allait pas tout à fait être perdu, pensais-je.

Sitôt, de derrière une porte dérobée de la vieille chapelle, Clarisse, à coté de cinq autres filles en grande tenue et bouquet fleuri à la main,  fit son apparition en qualité de Damoiselle d’Honneur principale. Sa robe : rose ancien,  exigée par la mariée, sublimait ce corps gracieux et diaphane.  La lumière perçant par  les vitraux  polychromes de ce lieu pieux, auréolait l’ovale parfait de son visage d’un éclat printanier et exquis. Sa beauté, son charme, sa pâleur et le carmin de ses lèvres, au sourire ultra-brite et un brin crispé par le trac, éclipsaient férocement tout autre atout de la pourtant jolie mariée.

Ce fut un authentique ange qui fit son apparition dans cette miraculeuse chapelle antique.

Mon esprit fut soudainement disloqué de mon corps. J’étais enraidi, presque étranglé, à la fois par le strict trois pièces de mon costume amidonné en cachemire noir-et-anthracite, que par tant de beauté qui, assurément missionnée par le divin tout puissant, venait ensoleiller cette morne journée de mariage à la campagne et à se couper les veines.

 Je fus secoué par des violentes pulsions que la morale réprouverait. Ce haut prélat de campagne, tout expressément dépêché par la Curie épiscopale de la sous-préfecture toute proche, me regardait d'un oeil torve. Il avait déjà une haleine chargée qui puait la vinasse. Quel bel exploit pour ce corbeau de malheur avant même que le bombance nuptiale débute.

L’interminable office religieux achevé, je fus présenté de manière fort solennelle à l’ensemble de la famille de la mariée, d’abord. Les invités du marié n’étaient guère légion et je connaissais déjà les parents de Benoît. De ce coté la, ce fut vite expédié.  Lorsque enfin, vint  le tour d’être présenté à Clarisse, j’ai pu apercevoir que les reflets "rose ancien" de sa fort jolie robe doublés par son émoi évident,  contribuèrent à changer en rouge corail l’incarnat de ses joues.

Prétextant de partager avec elle une coupe de champagne et un peu de conversation, je m’éloignais alors de la foule en tenant  Clarisse par la main. Elle me suivait en silence et par des petites foulées.

On avait beau raser les murs, de cette austère maison,  notre manège était aussi discret  que le départ d’un Eric Besson du parti socialiste.

Qu’importe. C’était aujourd’hui ou jamais. La fois suivante, si fois suivante il y aurait, Clarisse ne serait plus disponible sur le marché des « cœurs à prendre ». J'en étais bien convaincu.

Hélas, c’était sans compter sur les affres du monde rural et de son coté envahissant.  C’était aussi oublier un peu vite qu’à campagne, les gens,  ne sont pas ce qu’il y a de plus discret.

Entre le convive rural à l’allure un  peu  baroque et qui te tape, à la dérobée, une  discute insensée sur les avantages de la vie agreste et les embarras de la ville. Les jeunots aux furoncles infectés plus enflés que les « merengues » qui constellant la mise en plie de  Marie-Cécile, Philomène, Annélide, et qui  souhaitaient tout savoir sur les bon plans (ou les vices ?) des nuits parisiennes.  Jusqu’aux bovins  de la prairie mitoyenne dont le regard était hautement déstabilisant car ils me fixaient, de leurs yeux globuleux, comme le fait si bien ma concierge lorsque les fin de semaine je rentre d’un pas chancelant  au petit matin chez moi.

Bref,  il fallait vraiment s’appliquer pour ne pas perdre patience et, aussi, l'agréable contact avec la douce main gantée de Clarisse.

Comme moi, elle aussi semblait s’impatienter de ce tourment que l’on nous imposait et qui retardait d'autant les instants d’intimité que nous  deux désirâmes.

Mais impossible d’aller plus loin. On était cernés par ce bal incessant de ces  casse-pied de cul-terreux, endimanchés.
Il fallait se résoudre à jeter l'éponge, pour le moment, de ce moment privilégié et intime en tête-à-tête avec Clarisse, car le tintement du bourdon du manoir retentit en annonçant que le moment du banquet était survenu.
Vivement un plan de table heureux, espèrerais-je  

Que nenni, hélas. J’étais placé à un demi kilomètre, au moins, de Clarisse, séparés par des tables somptueusement dressées, par des conversations insensées, d’entrechocs de vaisselle de Sèvres estampillée aux armoiries de la désormais acquise belle famille de Benoît.

Par moult aussi collisions assourdissantes de verres en cristal gravés par une prestigieuse et ancestrale maison du Pays de Bohème.
Et que dire du sourdingue beau-papa de la mariée qui m’obligeait à bramer la moindre phrase pour qu’il puisse l'entendre, de toutes façon, de traviole ?

« Oui Monsieur le Marquis, je suis un ami de Benoît de la fac» … « Non, Monsieur : il n’y à pas de feu au lac ! » …. « MOI – AMI – BENOIT ! »

J’en pouvais plus !

Je décidais, un peu plus tard dans la soirée,  d’initier une nouvelle stratégie d’approche envers Clarisse qui, au loin, semblait aussi donner l’impression de s’ennuyer à mourir dans les échanges futiles, les rires frivoles,  les dialogues superficiels et légers entre filles et pour cause :  sa table était garnie de la plupart de ses amies et, sporadiquement,  de la jeune épouse, ainsi que par les autres cinq Demoiselles d’Honneur.  
On n'entendait qu'elles.  

Alors que tout le monde convergeait vers l’ample salon de réception situé au rdc et où la fête commençait à battre son plein, j'ai pensé que les autres communes de cette vaste maison devaient se trouver, en toute logique,  désertes. Excellente idée. 

J’entrainais alors Clarisse dans la première chambre, à priori inoccupée, du 1er étage.
Dans la pénombre de la pièce les clameurs remontaient des réjouissances d’en bas. Ce n’était guère évident de se concentrer pour esquisser nos préambules amoureux.
Clarisse était tendue, obsédée à l’idée d’être aperçue ou surprise en si peu vertueuse posture soit par ses parents, présents à la noce, soit par l’une de ses chipies d'amies d’enfance.

C’est curieux  comme les jeunes filles  ont des principes étonnants.

« Mais non Clarisse, sois-en sûre, personne ne nous a vus, et puis, ce serait un comble que quelqu’un rentre dans cette  piè… »

Bingo !
La lumière venait de s’allumer. Une Demoiselle d’Honneur venait de faire, fort mal à propos, une irruption fracassante dans cette chambre.

« … et donc je disais que oui,  je pense que le mieux est de rentrer demain vers 11 heures, qu’en penses tu Clarisse ? », récitais-je avec une voix plus fausse que celle que j’utilisais quand mon père me demandait si le bulletin de notes était arrivé.

Clarisse était pétrifiée par la honte. Muette, elle semblait  vouloir sombrer dans le néant, tandis que sa garce d’amie, prenait cruellement tout son temps pour se repoudrer son nez.
L’infâme …

Damned. Encore raté.
Dans cette parodie du film “Four Weddings and a Funeral” que j’étais en train de vivre, n’était  pas Hugh Grant qui veut.

Promis juré, Clarisse, on n'allait pas  en rester là.

Nouvelle tentative de s’éclipser plus tard dans la soirée.

Cela tournait à l’obsession.  Après un préalable repérage des lieux, j’ai avisé cette fois-ci de conduire Clarisse dans une autre pièce située cette fois-ci, au deuxième étage du manoir. Un lieu situé diamétralement dans l’aile opposée du vaste salon ou se déroulaient les agapes.

Nulle crainte cette d’être nouvellement dérangés par des visites impromptues. Clarisse aurait même pu parsemer le chemin des petits cailloux derrière elle,  des fois qu’elle aurait  abusé dans sa jeunesse des lectures des contes de Perrault, que nul être au monde n’aurait pu cette fois-ci, nous déranger. Tranquilles enfin.

Mais fallait pas trop tôt crier victoire. Depuis des siècles que cette vieille chambre n’avait plus rempli ses diligences d’origine...

Le lieu, malgré une épaisse pénombre qui s’efforçait de tout dissimuler,  cumulait un criant florilège  de défauts qui, au plaisir de l’amour, étaient rédhibitoires  : papier-peint moisi, parquet brinquebalant, fenêtres abritant des colonies de toiles d’araignées,  literie pourrie et poussiéreuse bref, on avait beau se trouver dans un pittoresque et romantique château du XVIIe  siècle, ce cadre était tout  aussi sexy  qu’une  déchetterie sauvage en bordure des ces attrayantes allées de la cité du Mirail.

Cette fois-ci certes, guère de  bruits des convives qui festoient abominablement au loin, non. C'était encore pire.
Ce qu’avec Clarisse on pouvait désormais entendre c’étaient les effrayants, les inquiétants  et les menaçants bruits de la campagne la nuit.

Un monde abominable, agressif et obscur  grouillait autour de nous.

Un diabolique aperçu des affres de l’enfer.

Un outre-tombe  effroyable dont les abysses et ses démons bruyants, nous appelaient de toutes parts.

Ces cohortes démoniaques nous rapellaient à quel point,  était haïssable, aux yeux du créateur,  l’abominable péché de la luxure.

J’avais pourtant envie d’elle et elle de moi.
Nos baisers, nos caresses, indispensable introduction à l’amour, s’efforçaient pourtant de poursuivre la progression du désir.

 Cependant, comment néanmoins s’unir au seuil de cet antre du diable ? Ce lieu paraissait cheminer nos âmes aux plus creux  des abîmes de l'enfer.

La nuit, à travers les deux fenêtres borgnes de cette sinistre pièce, semblait pourtant  céder le pas à l’aube.
Chouette qu’on se disait.
Avec la lueur du jour : craintes, peurs et mauvais scrupules auraient, enfin,  été balayés, peut-être.
 

J’avais si magnifiquement envie d’elle.
Ses cheveux blonds relevés, les arômes de sa peau parfumée, sentaient le jasmin et le mimosa.
Son ventre frissonnait sous le gel de la pièce et la fougue brulante de mes baisers, de mes caresses. Son absence de soutien gorge et ses adorables petites fesses mises en valeur par sa robe cintrée,  favorisaient le décuplement de l’attraction terrestre au point que son élégant équipage,  tombait au sol  plus vite que la navette Columbia en ce  lointain 1er  Février 2003.
Plongée dans la semi-obscurité de la pièce, les doigts de Clarisse étaient crispés sur ma tête,  sur mes cheveux. Ses paupières mi-closes et sa bouche entrouverte.  Tout explosait dans nos têtes, dans nos corps.
Nous laissâmes aussi nos deux cœurs s’emballer.

Clarisse s’offrait enfin à moi comme un cadeau miraculeux.
Nul péché n’était desormais subséquemment distinguable lorsque, puissamment, nous nous serrâmes l’un contre l’autre. 

Et ce  fut en ce moment précis, qu’au loin, nous prouvâmes entendre  le bruyant remue-ménage des animaux de la ferme qui initiaient  leur nouveau jour.

Le braillement des ânes, le désespérant chant du coq, les volailles  qui caquetaient,  les oies qui jacassent. Les bovins qui mugissaient.  Les persistants aboiements des chiens, au loin, qui se répondaient d’une sous préfecture à l’autre...

Dans une livide étincelle du jour naissant, je pus entrevoir dans le regard de ma belle inviolée, un profond regard de tristesse.

Ni elle, ni moi, nous parvenions, dans ce nouveau vacarme, à nous abandonner.
Dans l’agricole  clameur animalière qui nous parvenait de l’extérieur, nos caresses ne survenaient plus à nous enflammer. A nous brûler.
L’élan ardent des nos enlacements échangés,  renfermait, au fur et à mesure que la vocifération animalière devenait à chaque instant plus intense, un  goût amèr de cendres froides. L'amertume de l'amour mort.

En caressant ses cheveux et ses joues trempées, je me suis alors baissé, résigné, pour relever sa robe qui gisait  tristement au sol. Sans décoller ses lèvres des miennes, Clarisse, en quelque mouvement expert et rapide de ses mains, parvint à s’agrafer cette toilette.

« Il serait peut-être avisé de rejoindre les amis en bas dans le salon, qu’en penses-tu,  chéri …». 
Me dit-elle avec un mélancolique sourire qui s’arborait sur un visage désormais renfermé.

Je hais la campagne ! Je hais les mariages !

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Handi@dy 28/02/2009 20:16

Tu ne serais pas radin toi?!Donc, tu en pinces pour Anélide/Clarisse, l'épousée de ton pote Benoît de la fac! Mais je pense que ce n'est que du désir!BIZ!

Désherbant 02/03/2009 14:16


Radin ? Moi ?
Que nenni, Handi@dy, et pourquoi donc ?
Pour les désirs (ou plutôt fantasme) c'est clair !
C'est toujours chez le voisin que ... l'hérbe est la
plus ... verte, n'est ce pas ? (D'où ma tondeuse)
Lol


vita 23/02/2009 13:45

C'est qu'il se prend pour un héros stendhalien, notre Désherb.....Le jardinier regarde par le trou de la serrure et se fait ses fantasmes. ...Pourquoi pas?   VITA

Désherbant 23/02/2009 14:38



Que veux-tu ma tendre Vita. J’ai la capacité de faire contre mauvaise
fortune, bon cœur.


… Héros Stendhalien dis-tu ? Humm… Ne demandais pas tant …
 Lol.


Pour cette romance sentimentale qui vient


Plutôt de la pitié et de l’attendrissement qui caractérisent si bien
les  premiers romans d’amour contemporains à l’œuvre de Stendhal, j’avoue m’apparenter davantage à l’œuvre d’un


Charles Mérouvel ou d’un Georges Ohnet …. Sorte de « Barbara
Cathland » à la française du XIXe …


C’est que tu te représente, à coup sur,  un « jardinier » un brin trop … cultivé …


 


Ps :


Aye  un brin de
miséricorde pour le vaillant citadin que je suis


Et, qu’à la campagne,  récolte  de …. tels râteaux ! 


;-)  


 Biz :0010:


 



Mu 23/02/2009 10:39

Tout lu avec intérêt ... promis, j'ai pas souri !!!

Désherbant 23/02/2009 14:20



Mu n’a donc pas souri … Hummm.


J’espère que tu n’aies pas non plus été peiné(e?)  par mes mésaventures au
moins.


Vraiment pas méchant.
D'ailleurs, quoi de plus normal que de se prendre un « râteau » à la campagne ?


1000 biz à toi
:0010 



Laglesine 22/02/2009 20:55

Ton texte est superbe, vraiment superbe, en te lisant j'étais emporté dans les pages des grands classiques que j'affectionnais particulièrement au lycée...J'en veux encore des textes comme celui-ci... Au plaisir de te lire !

Désherbant 23/02/2009 14:22



Bonjour, douce Laglesine ! Immense et agréable surprise que te te relire sur ces pages
virtuelles.
Mais qu'étais tu devenue au fait ?
Hâte de le savoir.
Des lectures que tu affectionnais au lycée dis-tu ? Mais c'est que tu avais-la des lectures bien coquines, hein ? Mais que faisait ton prof de français ? Et l'inspection académique ?
Lol.
1000 biz à toi et à fort bientôt sur nos blog's respectifs.
:0010:


 



MissHyde 22/02/2009 11:55

je compatis a ta peine, je vois que tu as du souffrir, j'ai aussi conu ces journées interminables de banquets paysans ou les mariés font de la figuration et ou les invités n'ont qu'une hate  : retourner chez eux vite fait après la piece montée ( je deteste aussi les choux a la creme et le caramel est la plupart du temps de mauvaise qualité )

Désherbant 22/02/2009 17:55



Ah ! Ces sacrosaints mariages (à la campagne ou ailleurs)…


Par leur désespérante construction ils sont à la fois redoutés


qu’espérés. C’est l’après fête que c’est toujours aussi dur, entre


gueule de bois et déception.


Les grandes messes familiales réservent toujours des drôles de surprises…