Etre ... gré.

Publié le par Désherbant

Bon, j’avoue : ça n’a rien à voir avec la « choucroute », mais bon, pour une fois : va pour la méthode douce… Humm.

Les toutes récentes cérémonies des Oscars, des Césars, des globes d’or, des Victoires de la Musiques et autres daubes de cet acabit, m’ont autorisé une brève  méditation portant sur la notion de la … reconnaissance.
Ah, ce sain regard positif sur la vie dont je/nous savons si peu poser, cette main tendue vers l’autre qui diffère si bien des claques qu’habituellement et avec tant de dextérité, nous prodiguons, (en abondance ?) à qui mieux-mieux....

Depuis les ataviques et traumatisantes injonctions maternelles de type  : « Dis merci à la dame ! », je mes croyais vacciné à tout jamais envers la gratitude.
Certes, j’arrive encore à bougonner, en guise de merci,  lorsque quelqu’un me tiens une porte, ou lors d’une salière tendue, mais bon, vous aurez bien compris que c’est de toute autre  espèce de gratitude dont mon âme aujourd’hui,  fait l’objet d’une bien profonde infirmité.

Dire merci : c'est très peu pour moi.
Or selon les neurosciences, pratiquer la gratitude au quotidien serait un gage de bonne santé physique et relationnelle. Donner de soi après avoir reçu, nous aiderait, semble-t-il,  à résister au stress, mais aussi à prendre conscience que nous avons besoin des autres pour exister …

Et pourtant, comment expliquer alors cet insolent  affichage  d'une excellente santé physique et mentale qui, malgré ma revêche inclinaison pour savoir "être gré à autrui" bénéficie d’un assez satisfaisant relationnel au monde extérieur.

Alors quid de ces  savants traités à la noix ?

Cependant,  comment m'arrive-t-il, au juste, de remercier parfois ?

Jamais je m'étais auparavant posé ce genre de question.
J’ai ainsi décidé de faire, pour "my self",   l’objet d’une brève étude durant toute une nénmoins longue et interminable journée.
Objectif de ce challenge: recenser et gratifier de toute ma (sincère ?)reconnaissance, toutes les personnes qui le mériteraient …
Ré-hummm ...

Mais au juste, ces personnes devront-elles être des connus ou des inconnus ?

En effet, jusqu’à ce jour j’étais fermement convaincu que remercier tue la relation, ça la rend beaucoup trop formelle, car la politesse et ses usages courants auraient assassiné le vrai sens du fameux « merci ».

Résultats : ceux qui mériteraient d’être vraiment remerciés n’y ont jamais le droit.
Et alors ?

Il me vient à l’esprit, comme une fulgurance, en me remémorant ces moments de solitude et de silence vindicatifs lorsque il m’arrivait d’ouvrir, à l'occasion d’un anniversaire ou d’un malencontreux Noël, un inopportun et décevant cadeau.

Combien des fois avez-vous rajouté du déshonneur et de l’ignominie à cet étrange sentiment de frustration lorsqu'il vous arrivait de  proférer vos « enthousiastes » remerciements, à tous ces amoraux individus vous ayant gratifié de  si indigents présents. 
Ca fait  belle lurette que je n’articule plus le moindre mot de remerciement devant  cette indigne racaille.

Mais revenons aux cérémonies "professionnelles de la profession" et dispensatrices de prix en pagaille. Qui n’a pas un jour rêvé de monter sur une scène pour revoir le (juste ?) prix ? On aurait avec profusion alors remercié, une heure durant - pour le plus grand emmerdement de tout chacun - tout ce beau monde improbable :  de mes parents « papa/maman »,  aux éternels techniciens en coulisse, sans qui rien n’aurait pu se faire…

Au bureau pourtant lorsque je dis merci, personne ne m’ovationne début.

Pis encore, lorsque il m'arrive, rarement, de dire merci, on me répond quoi au juste en, général ?
« De rien » !
A merci automatique, réponse automatique.
Bref : aucun intérêt.

Et si je commençais, par exemple,  par dire merci aux vieux copains de fac ?

Après plus de 15 ans de silence, ils/elles répondraient  quoi, au juste, ce braves gens ?

J’appellerais (pas tous) pour les remercier de ce temps fou que certains d'entre eux, ont passé pour m’aider à préparer mes partiels.

Je les vois pourtant déjà, pour la plupart, répondre, en pleine nuit, quelque chose comme : « Et c’est maintenant que tu te (me) réveilles ? »
Ou bien : « Pardon, heu, mais qui êtes vous Monsieur ? Votre nom me dit bien quelque chose… »

Laisse béton !
Demain il fera jour.

Ah ! Si : et si je débuterais cette expérience insolite par Madame Alessandri, qui m’a appris à lire, à écrire et à compter au CP ?
Qui m’a surtout appris à cette époque que certes, j’étais assurément  un brin timide, mais que je n’étais pas moins digne d’intérêt que les autres « grandes gueules » de mes camarades de classe de l'époque.

Bon, soit :  Madame Alessandri est en tête de liste.
Mais où désormais la retrouver au juste cette brave dame ?
Bientôt "un siècle" que ça s’est passé. En plus, elle semblait, au bambin que j'étais,   avoir déjà à son actif… un bon siècle au compteur.

Et puis, si d’aventure je lui metterai le grappin dessus, je n’ai  vraiment pas envie de la voir à tel point vieillie, ni envie de mer replonger dans ces souvenirs indicibles et néanmoins pénibles de ma cour de récré ... du siècle dernier …

Que la terre vous soit légère et douce, Madame Alessandri si, d’aventure, hélas,  vous auriez du, avec regret, quitter ce bas monde…

Vous êtiez si bonne, si gentille ... si chiante aussi avec votre baguette en bambou ... !
Et puis je pense à elle, à Barbara, rencontrée un peu plus tard, lorsque j’étais un peu moins timide - quoique - et un peu plus adulte.

Oui, elle : Barbara ! Celle qui aurait du être la femme de ma vie mais qui était surtout la copine de quelqu’un autre.

Oui, elle je la remercierai bien … de m’avoir appris si bien à reconnaître la méchanceté, la lâcheté, la cruauté et le mensonge !

Plus sérieusement, sans doute, devrais-je lui reconnaître que cette histoire, si mortifère alors pour moi, m’a au moins conduit à me poser – enfin – des vraies questions sur moi et sur mes rapports impossibles aux femmes inaccessibles, pour ne pas dire abjectes !
Et puis, non ! Jamais de la vie ! Ca va pas, non ? Et puis quoi encore !

C’est plutôt moi que je devrais remercier.
Oui, moi-même ! Car c'est  tout seul que  j’ai su tirer quelque chose de cette tragique histoire de mon premier amour bafoué.
Ce n'est fut   certainement pas grâce à Barbara que j'ai appris à panser et cicatriser les blessures bénates inérentes au sentiment amoureux ...

Tiens justement : est-ce que l’on se remercie suffisamment soi -même au juste ? En voilà une (bonne ?) question.

Mince, une mise en abîme vertigineuse s’ouvre là devant moi...

Mes parents alors …
Bof, ils ont fait leur taf. Certes d’une manière admirable avec le boulet acrimonieux que j’étais, mais cela était leur mission de parents. N'est ce pas : papa/maman ?

Quant à mes frères passons. Ils m’ont empoisonné mon existence d'enfant.
Que des "savonnages de planches" de leur part !
En qualité de plus petit de la fratrie : j'ai morflé.
Pas de quartiers à l’époque pour moi.
Point de mercis pour eux,  aujourd’hui.  Na !

Au fond je pense : mais qu’est-ce que je risque à dire merci ? …
A priori pas grand-chose.
Cela en vaut-il donc la peine ?

C’est le moment de le vérifier.

J’ai pris alors rendez vous avec Clarisse, une ex.
Une authentique et fabuleuse personne. Un être rare.

La conversation, l’atmosphère, tout s’y prête en cette soirée chatoyante.
Je vais enfin pouvoir remercier quelqu’un pour de bon. La remercier de m’avoir rendu exigeant en amour. De m’avoir fait découvrir tous les délices, tous les bonheurs, tous les ravissements. Toute la joie aussi et des fous rires inoubliables ...

Je lâche tout d’un bloc et retiens mon souffle.

Elle sourit, avec son si joli sourire. Ses yeux, d'un vert profond,  sourient aussi. Elle rougit un peu.

Elle ne s’attendait pas, mais alors pas du tout.

Comme quoi, tout cela n’était évident que pour moi. Dire merci, même aux personnes les plus méritantes, louables et honnêtes, ça ne va pas de soi.
La gratitude peut parfois troubler, à défaut de meurtrir.
Je ne souhaitais pas la voir ainsi fondre en larmes. 
Pour elle le souvenir de notre amour désormais mort, semble s’être avéré davantage plus mitigé que pour moi.

N’empêche, j’estime avoir bien fait à le lui dire.

Et cette peine discrète qui, comme alors, la rend si belle, si gracieuse, si digne aussi.
D’autant qu’elle a ajouté dans la foulée : « Tu es vraiment un garçon exceptionnel, mais qu’est que tu es pénible ! »
Et elle éclate de rire....

Il n'y a que les femmes pour passer ainsi des larmes à l'esclaffe en une petite fraction de seconde.
Si, si : elle m’a dit ça, je vous assure.

Mission accomplie donc.
J’ai réussi à lâcher un remercient authentiquement sincère et venant, pour une fois,  du fond du cœur.

Retenant à mon encontre, selon les dires de Clarisse, plus le coté « exceptionnel » que le « coté pénible », j'ai pouffé de rire à mon tour.
Ma gratitude pour Clarisse m’a au moins procuré, durant un bref instant, un peu de contentement pour mon égo si démesuré et parfois, comme ce soir par exemple, si rudement malmené.

Il n'empêche.
C'est dans ces précises circonstances que nul Oscar, nul César, nulle autre préstigieuse récompense planétaire, ne pourrait davantage me redonner envie de rejoindre  mon monde habituel qui m'autorise  si bien, à l'accutumé, de fulminer  si haut  et fort. Comme d'hab, quoi.
Promis, juré : j'irai me détendre  un peu ... à la campagne.

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wapouss 16/03/2009 20:16

bijour....bisous....

Désherbant 17/03/2009 14:15


Bisous, bisous !!
Avec ou sans "bonjour" au préalable !
:0010:


wapouss 15/03/2009 22:17

ya pas longtemps que je dis merci...genre quand une voiture me laisse passer ou qu'on m'ouvre une porte...et en fait, ca leur fait plaisir...je crois..zont l'air contents que je dise merci...du coup jsuis contente aussi....c ptetre ca la société, communiquer avec les autres (je parles des inconnus hein...les proches c'est autre chose...), c'est comme les fourmis...elles forment un ensemble, nous aussi c'est juste qu'on ne le sait plus...je m'égare là, non?bref, prochaine étape...dire bonjour...avec le bisous..........

Désherbant 16/03/2009 15:52


Sourire
Excellente idée, la tienne.
Dire bonjour avec des bisous en prime ...
On commence quand ?
:0010:


LIZA 15/03/2009 16:29

Pas du tout ! Et là je suis sérieuse ...je n'aime pas les ersatz LIZAGECE

Désherbant 16/03/2009 15:51



Lol...


T’as bien raison.


Toujours préférer l’orignal aux imitations


Biz


 ;-)



LIZA 13/03/2009 12:21

Je pensais innocemment à des canards en plastique ...LIZAGRECE

Désherbant 15/03/2009 16:05



Mais bien sur, Liza : des jolis canards en … latex, n’est ce pas ?


;-)


Biz


:0010 :



Moâ 12/03/2009 18:10

Hello toâ  ;-)Bonjour, aurevoir, svp, merci, excusez-moi... des mots qui se perdent et se prononcent de  moins en moins.MERCI pour cet article et tes mots, mots qui soignent les maux.Bonne soirée, à bientôt.Cordialement!

Désherbant 13/03/2009 10:56



... Merci, merci ...
Trop bon êtes vous, Monseigneur ...
:-)