Qui s’y frotte, s’y pique

Publié le par Désherbant

Cela faisait  une bonne semaine déjà  que me trouvais piégé à la campagne, pris en otage que j’étais  par un couple d’amis Parisiens bourrés de bonnes intentions et tellement bienveillants à mon égard.
Ces, bons, (sic !) amis  avaient décidé de tout mettre en œuvre afin de parvenir à me faire aimer les espaces ruraux….

Rien que ça !
Prisonnier ainsi dans ce douteux bocage, j’étais entouré par une végétation bourdonnante et du pollen à foison.
Impossible de m’en échapper.

Le village le plus proche se situait à des kilomètres à la ronde.

Cerise sur le gâteux  de mon mal-être, je constatais jour après jour que, dans cette garenne insensée, ma  libido venait brutalement de chuter comme le Cac 40 en ces temps de crise aigüe et  planétaire.
Pourquoi, me direz-vous ?

Et bien, songez-y : un maudit lit qui grince violement finit pour avoir raison de mes ardeurs sentimentales et autres nuits apaisées.

En prime, cette ferraille rouillée m’affligeait  d’un furieux mal de crâne. Cette céphalée aigüe  jaillissait  à chaque mouvement intempestif de ma tête.

J’avais beau avaler une dose quasi létale d’aspirine, que ingurgitais chaque jour, rien n’y faisait.

La nature avait beau se réveiller un peu de partout autour de moi, la mienne restait désespérément en berne au contact permanent que j'étais avec ces si bucoliques, et néanmoins déprimants, paysages.
Le froid, l’humidité et les épouvantables (faux) silences de ce monde rural, s’efforçaient de  parachever l’ouvrage de démantèlement de ma soif de sensualité.

Il fallait reprendre le … dessus, au sens propre comme au figuré.

Dans le varié et bruyant groupe d’amis qui formait cette inouïe équipée "verte" dans la maison rurale à colombages dans laquelle nous étions logés et qui n’avait rien à envier à une glacière, il y avait Isabelle.

Je l’avais croisée une ou deux fois, tout au plus, lors de dîners en ville  chez des amis communs, sans pour autant  avoir prêté davantage d’attention à sa personne.

J’avais bien eu tort, car je découvrais qu’Isabelle était  d’une beauté éclatante. Déraisonnable, même.

Cette campagne m’offrait au moins l’occasion de découvrir son éclat ravageur doublé d’un esprit rempli d’humour et qui me faisait, par moments, pouffer aux éclats.

Je pouvais aujourd’hui finalement contempler à profusion,  l’extrême pâleur diaphane de son visage qui juxtaposait avec tant de finesse et tant de grâce l’agréable  incarnat de ses joues.

Le vert-de-bleu des ses yeux envoutants qui transfiguraient l’ovale exemplaire de son visage et qui était  rythmé  par les mouvements espiègles d’une bouche riante et aux lèvres d’un carmin naturel invraisemblable.

Il fallait reprendre les choses en main avant que cette sinistre campagne ne finisse par assassiner mon désir.

Profitant d’une sortie collective du groupe dans la forêt, et que j’ai bien entendu décliné en arguant une improbable allergie aux plantes, j’ai pu  subrepticement et avec circonspection proposer à Isabelle une petite balade dans la prairie environnante en  lui prétextant une irrépressible envie de ... cueillir des fleurs...
Tiens ! Et alors ? Pourquoi pas, hein ?

Nous nous enfonçâmes peu à peu dans les herbes hautes et, ayant repéré à proximité une clairière, (qui de plus était  bien éloignée de toute population avoisinante et entourée d’arbres qui nous cachaient à la vue), j’entrepris aussitôt un bien rodé jeu de séduction qui finit par se révéler payant, car nous nous retrouvâmes allongés sur cette vaste étendue verte.

Hélas, dans mes élans fougueux, j’avais un peu vite oublié que  nous nous trouvâmes à la campagne…

C’est que ça pique l’herbe sauvage …

Isabelle ne semblait pourtant y prendre cure, hélas.

Le bocage normand étant plat, ses cris d’excitation, à ma plus grande gêne,  devaient porter très, très loin … Ses clameurs pouvaient ameuter, en autre,  la plupart de ces lubriques « satyres » qui rôdent, en nombre, dans toute bonne forêt qui se respecte.

Fallait vraiment rester bien concentrés pour ne pas se faire émousser l’envie, déjà mise à mal par ce sinistre et hostile décor végétal.

Je m’efforçais de  faire contre mauvaise fortune, bon cœur, en me disant notamment, que ses râles perçants avaient au moins le mérite d’éloigner les serpents qui pouvaient éventuellement  roder autour de nous.

Eh oui, car faire l’amour à la campagne  n’est pas sans danger !

Une chose est sûre, il ne faut pas avoir peur des insectes.

C’est ainsi que j’ai passé la nuit suivante à me gratter les fesses, sur ce maudit lit rouillé brinquebalant, jusqu’au sang.  

Maudite campagne. Imbéciles citadins que nous sommes car, au fait,  mais pourquoi donc on ne songe jamais de se rendre dans ces hostiles contrées avec des tenues de plus simple utilisation ?

Et pourquoi les filles de la ville ne s’habillent jamais à la campagne comme en milieu urbain ? C’est tellement plus pratique une robe ou une jupe …

Pour quelle raison, alors que les sols agraires sont si inconfortables lorsqu’on s’y retrouve à l’horizontale, nus comme des lombrics, personne ne pense jamais de « proposer » un pique … nique ?
Une bien astucieuse manière pour apporter une nappe, voir plus épais : une couette, laquelle pourrait modifier, en plus moelleux, ces âpres ébats champêtres ….

J’avais beau me retrouver enlacé dans les bras de cette fille si extraordinaire  et à la beauté si renversante, de m’efforcer de trouver cela très « romantique »,  m’ébattre pitoyablement en me heurtant contre une caillasse acérée, et à des  brandilles piquantes, n'avait vraiment rien de "extremely  smart".
Rien n’y faisait !

Loin de la ville, loin de mon macadam favori, toute éventuelle carte du « tendre », me paraissait aussi indigeste que coriace.

Nous abrégeâmes ainsi ce supplice, d’autant plus que la si romantique clairière, s’était en effet révélé être un véridique  champ … d’orties …

Fallait encore pouvoir les distinguer ces maudites orties, moi qui avait confondus ces plants ... à de la menthe sauvage .... !
Je ne m’y ferais jamais.
J’abhorre la campagne.  

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Golfeur 11/07/2009 23:28

Pas du tout, et je trouve que c'est un peu "réducteur" comme supposition.. Cela fait 40 ans que j'habite Paris Intra Muros et crois moi ou non j'ai la viille en horreur, et quand je parle de "campagne" je ne panse pas aux golfs, qui sont, je te l'accorde des parties de campagne amménagées (tout comme les jardins, les squares, certaines de nos forêts, etc....), mais je préfère une campagne amménagée à des immeubles plus ou bien alignés..... Par ailleurs il est prouvé aujourd'hui que les golfs participent au retour de certaines espéces animales et végétales qui avaient depuis très longtemps disparues des abords des grandes villes.

Désherbant 20/08/2009 08:57



Il est prouvé, il est prouvé ... Mdr !!
Mais par qui donc ?
C'est un peu comme les chasseurs qui prétendraient de ... protéger l'espèce animale.


La vérité - prouvée celle ci - est tout autre cher ami Golfeur. C'est ton ton activité récréative est tout, sauf ... écologique ...


Mais ça n'empêche, peut-être, pas à ses adeptes, d'être, parfois, sympa ...


;-)


A Plus ...



Golfeur 12/06/2009 23:26

Personnellement j'adore la campagne, et j'ai du mal à imaginer qu'on puisse ne pas l'apprécier (à défaut de l'aimer).ceci dit plein de choses interessantes dans tes textes, même si je n'adhère pas à tout.

Désherbant 11/07/2009 22:35


Une campagne bien délimitée par les pourturs du green, n'est ce pas l'ami golfeur ?
;-)


wapouss 23/04/2009 21:54

te mettre une tole...ben ....sont méga plus fort quoi...lolfaut prendre les feuilles du haut les plus petites, tu les cueilles en mettant tes doigts dessous la feuilles (ca pique pas en dessous), tu formes une boulette et tu maches...c'est très riche en fer et ca élimine tout pleins de toxines...:0010:

Désherbant 24/04/2009 09:28


Bégaiement !
Des nouveaux remèdes de mamie contre ça ?
;-)
:0010:


wapouss 23/04/2009 21:53

te mettre une tole...ben ....sont méga plus fort quoi...lolfaut prendre les feuilles du haut les plus petites, tu les cueilles en mettant tes doigts dessous la feuilles (ca pique pas en dessous), tu formes une boulette et tu maches...c'est très riche en fer et ca élimine tout pleins de toxines...:0010:

Désherbant 24/04/2009 09:26


... Humm : une boulette d'orties ...
Macher les feuilles ...
Ca me fait penser aux macheurs de feuille de coca sud américains ... (Andins) ...
Des pratiques chamaniques aussi ...
Des pratiques aussi vieilles que le monde ...
A la campagne, comme dirait le poéte :
"Ö temps : suspends ton vol" ...


wapouss 22/04/2009 23:05

ah oui, j'oubliais...mes gosses te mettent une tole, ils les bouffent eux les orties....lol

Désherbant 23/04/2009 11:45


... ?
Ca veut dire quoi : "Mettre une tole" ?
Ils bouffent les orties ?
Excellent alors : pas besoin de Botox pour leur "gonfler" ... les lèvres !!
Ils viennent d'inventer un remède dont ils peuvent faire fortune !!
;-)